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Visite à Tours, organisée pour l’équipe pastorale de la paroisse, sous la conduite de Don Bertrand LESOING, ancien prêtre de la paroisse et actuel vicaire de la basilique Saint-Martin.

Saint Martin : Du soldat à l’évêque missionnaire
L’histoire de Tours est indissociable de celle de Martin, cet ancien chevalier de l’Empire romain qui, après avoir choisi une vie monastique et fondé le monastère de Ligugé, est élu évêque de Tours en 371. À une époque où le christianisme était essentiellement urbain, Martin se distingue par son action missionnaire dans les campagnes. Il meurt à Candes le 8 novembre 397. Lors du transfert de son corps vers Tours par la Loire, la légende raconte que la nature refleurit sur son passage, créant l’expression « l’été de la Saint-Martin » pour désigner le redoux de novembre.
La « Martinopole » et l’organisation de la cité
Inhumé le 11 novembre 397 en dehors de la ville gallo-romaine d’alors, son tombeau devient immédiatement un pôle d’attraction. La ville de Tours se structure alors autour de trois points clés liés au saint :

  • La Martinopole : Une véritable ville nouvelle née autour de la collégiale abritant son tombeau.
  • Le pôle cathédrale : Situé plus à l’est, là où siège l’évêque, successeur de Martin.
  • L’abbaye de Marmoutier : Fondée par Martin lui-même sur l’autre rive de la Loire pour retrouver une vie de solitude.

Au Moyen-Âge, la collégiale Saint-Martin et l’église de Marmoutier étaient plus imposantes que la cathédrale elle-même. Aujourd’hui, les tours de l’Horloge et Charlemagne sont les derniers vestiges de cette immense collégiale médiévale.

Renaissance et reconstruction au XIXe siècle
Après les pillages des guerres de religion — où le corps fut dispersé, à l’exception d’un fragment de crâne — et la destruction du monument à la Révolution, le quartier fut loti. Il faut attendre 1860 pour que Léon-Papin-Dupont, surnommé le « Saint-Homme-de-Tours », retrouve l’emplacement du tombeau dans une cave.
S’ensuit un débat urbain entre partisans d’une reconstruction monumentale et courants anticléricaux. La solution finale, confiée à l’architecte Victor Laloux (concepteur de la gare d’Orsay), aboutit à l’actuelle basilique. Plus petite que l’ancienne, elle conserve toutefois un aspect monumental grâce à son dôme et abrite à nouveau le tombeau du saint, dont il ne reste qu’un fragment de crâne sauvé des tourmentes de l’histoire.