Accueil : Frères et sœurs, chers amis,
Avant cette entrée en carême toute proche, savourons ce dimanche du temps dit ordinaire qui n’a d’ordinaire que le nom, car chaque dimanche est lié à la célébration de la Pâques du Seigneur qui nous sauve. On parle de temps ordinaire par rapport aux temps propres exceptionnels de l’avent, du carême et du temps pascal. Le temps ordinaire, c’est le temps extraordinaire de la vie avec Dieu si proche, avec la création si belle, avec sa famille si importante, avec la société si dépendante de l’implication de chacun
« Frères et sœurs, préparons-nous…. »
Homélie : Si 15, 15-20 ; Ps 118 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37
Chers amis,
La 1e lecture : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle », le fameux psaume 118e : « Heureux ceux qui marchent selon la loi du Seigneur », et l’Évangile nous sensibilisent à la loi.
La loi est utile pour pouvoir vivre en société. Nous connaissons le dicton : « Nul n’est censé ignorer la loi » !, mais qui peut connaitre la loi, tant il y a de lois. Heureusement, les médias nous informent. En cherchant sur le site de l’assemblée nationale, je notai, par exemple, pour 2025 : « 13 juin : loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic. 9 juillet : loi visant à créer l’homicide routier et visant à lutter conte la violence routière ». 6 novembre : loi visant à modifier la définition pénale du viol et des agressions sexuelles ». Les lois sont des marqueurs de la société. Elles nous aident normalement à vivre en société. S’il fallait utiliser une image, je prendrai bien l’image des échafaudages qui tiennent un bâtiment (pensons à la restauration de ND de Paris). Ils ont réussi, pour une part, à tenir la cathédrale quand le feu s’en est emparé. Les nouveaux échafaudages ont été nécessaires pour la restauration, le but final étant que la cathédrale tienne d’elle-même. Les lois sont comme des échafaudages de notre vie morale en société. Chaque personne a besoin de son enfance-jeunesse d’une éducation pour se tenir dans l’existence, pour se tenir debout.
Les lois nous sont utiles quand elles sont morales. Cependant, il nous faut être attentif, d’abord à la loi intérieure de notre conscience : « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. C’est d’une manière admirable que se découvre à la conscience cette loi qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain ». Mais, attention : « L’habitude du péché rend peu à peu la conscience presque aveugle ».
Chers amis, pour éclairer notre conscience, nous les judéo-chrétiens, nous avons la chance, la grâce, de la révélation des 10 commandements, les 3 premiers tournés vers Dieu, les 7 autres orientés vers notre vie en société. Jésus reprend 3 de ces 10 commandements dans notre Évangile et nous entraîne encore plus loin : il ne suffit pas de ne pas tuer, c’est mieux de ne même pas se mettre en colère injustement contre son frère ; il ne suffit pas de ne pas commettre d’adultère, il faut encore ne pas regarder l’autre avec convoitise, etc… Jésus nous entraine loin sur le chemin de la perfection pour l’accomplissement de nos vies dans l’amour. Jésus nous éclaire, Jésus nous le demande car il nous en offre la possibilité, dans l’Église, avec le soutien de la grâce de Dieu, la grâce sacramentelle ou actuelle à chaque instant de nos vies jusqu’à la grâce finale pour passer de ce monde de la loi de la gradualité à l’expérience de l’amour total. La loi de la gradualité, mise en valeur par les moralistes, consiste, non pas à dire que la loi est graduelle cad à géométrie variable en fonction de mes intérêts, mais que même si la loi est exigeante, j’ai le ferme propos de l’accomplir graduellement cad pas à pas, tout en reconnaissant qu’actuellement, ce n’est pas forcément possible.
Chers amis, pour accomplir nos vies, nous les chrétiens, nous avons la chance, la grâce, de la loi nouvelle de l’Évangile avec la Parole de Dieu, les sacrements, l’Église.
Ayons le souci d’éclairer notre conscience, en cette période pré-électorale d’élections communales. Ayons une commune ambition de citoyen chrétien d’œuvrer pour le bien de la cité. Nous avons des droits, nous avons des devoirs. Nous avons besoin d’éducation à la démocratie qui commence et se poursuit en famille ; c’est en famille qu’on apprend à écouter, à se parler, à dialoguer, à argumenter, à débattre, à discerner, à faire de choix, à faire des compromis sans compromission, à agir pour son propre bien et pour le bien des autres, à agir pour un bien commun qui dépasse mon bien personnel
Chers amis,
La démocratie est un trésor fragile, exigeant, car il doit sans cesse revenir à ses origines, sans cesse s’adapter, sans cesse se renouveler afin d’éviter la tyrannie/le despotisme cad le pouvoir d’un seul, l’oligarchie cad le pouvoir de quelques-uns. La démocratie, pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, fait confiance à chacun, aux institutions. C’est difficile. Cela requiert une éducation à une vision commune, un discernement commun, un agir commun, pour le plus grand bien de tous. « La politique est la forme la plus haute de la charité » Pie XI (1927)
AMEN ALLÉLUIA MARANATHA

