Seul ce qui a été proclamé faisant foi

Allez, tous à l’école !

Au pieds de la source du Jourdain, Jésus interroge ses disciples. Après avoir colporté la manière dont les gens le considèrent, il leur pose directement la question : « Pour vous, qui suis-je ? ». Et tel un bon élève de classe, Simon-Pierre s’empresse de donner la réponse. Pourtant, malgré la qualité théologique de la réponse, Jésus relativise : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Pierre aurait-il répondu parce qu’il serait le plus saint de tous les disciples ? Et quel est l’intérêt d’une telle réponse si elle n’est pas de lui ?

A la source du Jourdain, Simon-Pierre répond à la question de Jésus. Pourtant, celle-ci n’est pas de lui : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Jésus suggère qu’il fut inspiré par l’Esprit-Saint pour affirmer une parole de vérité. Une parole de vérité qui dépasse sa simple personne. D’ailleurs, à cet instant, St Matthieu le nomme Pierre, comme par anticipation de la parole de Jésus : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Ce même Pierre qui, pourtant, quelques instants après sera traité de Satan par Jésus. En affirmant que « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela », Jésus suggère que Pierre vient de prononcer une parole dont il n’a pas fait l’expérience. Une parole qui, pourtant, est vrai. En ce sens, Jésus lui révèle qu’il affirmera des paroles de Foi sans toujours les avoir expérimentés, mais qu’elles feront autorité. Il s’agira alors, pour lui, d’apprendre à les interpréter, les connaître, les expérimenter. Si Simon-Pierre n’est pas le meilleur élève de la classe, les plus grands saints parmi les disciples, il nous est offert comme un modèle à imiter. De la foi de l’Eglise, nous en professons de symbole de Nicée-Constantinople. Comme Pierre, nous avons encore besoin de l’expérimenter.

Jésus révèle à Pierre qu’il doit chercher à expérimenter la profession de foi qu’il vient de proclamer. De cette recherche dépend la fécondité de sa vocation. Car, au-delà une parole de sagesse, professer sa foi revient à découvrir davantage qui l’on est. Ainsi, au-delà d’une belle profession de foi, « Simon, fils de Yonas » a découvert toute son identité, et donc sa mission. De cette manière, Jésus associe étroitement la relation avec lui et l’identité d’une personne. En professant qui il est, il me révèle qui je suis. Et en approfondissant cette connaissance de lui, je deviens davantage moi-même. Pierre est devenu le premier pape de l’Eglise uniquement en raison du choix de Dieu. Or, ce même choix divin a fait de Pierre le garant de l’unité entre le Seigneur et le Peuple de Dieu. C’est donc dans cette recherche constante de « qui est Dieu » que Pierre répond à sa mission. Autrement dit, quelle que soit notre vocation, nous sommes toujours le choix de Dieu. Un choix personnel et unique. En découvrant la source de cet Amour, il nous révèle notre identité qui participe à l’édification de toute l’Eglise, et donc, à la sanctification du monde.

Ainsi, chers amis, à l’aune de cette rentrée scolaire, oser porter dans notre cœur et dans nos esprits cette question de Dieu : « Pour vous, qui suis-je, ». Osons offrir au Seigneur une réponse, celle de notre cœur. Car, si elle est d’abord la foi de l’Eglise, la manière dont nous en faisons l’expérience nous révèle la manière dont Dieu nous aime. Connaître Dieu est donc notre mission ; lui être proche est le meilleur remède aux maladies dont le monde souffre. Et puisque l’on commence à remplir nos agendas, osons consacrer une place à l’étude : un temps pour se former, pour lire un livre de spiritualité ou de théologie, participer à un parcours… De ce temps, nous découvrirons davantage l’action de Dieu dans notre vie ; de ce temps consacré, c’est le monde à qui nous offrons de connaître Dieu : nos enfants, nos parents, nos amis, …