Seul ce qui a été proclamé faisant foi
Accueil : Frères et sœurs, chers amis, je suis heureux de vous retrouver, après 3 semaines de repos. MERCI d’avoir accepté de venir en notre Église St Martin, en raison de la grande braderie de ce jour. Nous allons prier pour la paix dans le monde, pour cette nouvelle année scolaire, pour cette nouvelle année pastorale, pour le voyage du pape Léon en France les 25-28 septembre et la visite pastorale de notre paroisse par notre évêque, en mars prochain. Que le Royaume de Dieu progresse dans le monde, au milieu de tant de défis à relever. « Frères et sœurs, préparons-nous ….. »
Homélie : Jr 20, 7-9 ; Ps 62 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27
Chers amis, j’aimerais approfondir l’invitation de Jésus de « porter sa croix », puisqu’il nous dit, aujourd’hui, à partir de cet Évangile, d’il y a 2000 ans : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive »
« Qu’il prenne sa croix », non pas la croix de Jésus qui a assumé/porté les péchés du monde, comment pourrions-nous la porter ? « Qu’il prenne sa croix ».
Jésus porte sa croix. Quel amour infini de Jésus pour prendre sur lui notre humanité blessée et l’emporter, par sa passion et sa résurrection, par le baptême, la confirmation et l’Eucharistie, dans le monde du Royaume de Dieu ! Jésus porte sa croix. Je ne sais pas si cette image est venue jusqu’à vous, durant les incendies de cet été en Gironde, l’image de ce calvaire épargné par les flammes, sur le lieu du départ du feu à Saumos. Cela nous fait penser à la croix doré de ND de Paris et à la statue de ND de Paris, retrouvées indemnes après l’incendie de 2019. Ou encore à la statue de ND des miracles retrouvée par Mgr RICHAUD (évêque de Laval de 1938 à 1950), au milieu des dégâts du bombardement de notre basilique ND des miracles, en juin 1944. Interprétons bien cette image de Saumos : d’abord, comment ne pas être saisi de tristesse, de compassion, de lassitude et d’espoir. Le jésuite Xavier de BÉNAZÉ parle en même temps de « lassitude prophétique » : depuis des décennies des « scientifiques-prophètes » nous annonçaient ces catastrophes climatiques, et d’espoir : « que cet épisode de canicule et d’incendie marque un tournant dans notre prise de conscience collective et notre conversion en actes ». Ensuite, ce calvaire indemne ne signifie pas que Dieu protège son image et laisse brûler sa création et ses créatures (2 pompiers périront dans cet incendie), ce calvaire indemne ne signifie pas que Dieu est impuissant devant les catastrophes, ce calvaire indemne ne signifie pas que Dieu nous envoie des malheurs pour nous éprouver, mais c’est le signe, perceptible par la foi seule, que Dieu se tient à nos côtés, quand la catastrophe nous frappe. Et Dieu se tient à nos côtés, par les hommes, quand ceux-ci, créés à l’image de Dieu, se prennent en main, déploient toutes leurs capacités à s’unir contre le feu et quand ils s’aiment et s’entraident. Dieu n’est pas un super pompier qui trie entre ceux qu’ils protègent et ne protègent pas, un super héros qui pourraient protéger tout le monde et qui ne le fait pas. Dieu se tient en nous quand il nous inspire intelligence, force et courage. C’est le message des prophètes de l’exil. Dieu nous confie sa création, il nous donne intelligence, force et sagesse. À nous de déployer toutes les ressources de notre inventivité pour prévenir, accompagner. Dieu est toujours présent à sa créature.
« Qu’il prenne sa croix ». Jésus n’est pas venu expliquer la souffrance. Elle est contraire au dessein de Dieu. Dieu n’a pas créé le mal, le mal c’est le non-bien, le non-être. Nous sommes créés pour aimer et servir. Par contre, ce mal peut avoir du sens dans la mesure où il provoque l’électrochoc d’une conversion libératrice, non seulement écologique, mais intégrale. Comment prendre sa croix, dans ce contexte de catastrophe climatique : non pas en disant : « De toutes façons, avec le retour du Christ, tout se terminera bien », mais en s’unissant, dans la prière, au Christ qui a souffert pour nous ; en s’unissant au Christ et aux hommes, dans l’action, et non dans la passivité. Hier, avec l’équipe pastorale, nous avons passé 2 heures, à découvrir l’usine d’eau potable de St Fraimbault de prières pour prendre conscience (éco-conscience) de la richesse de cette eau traitée pour notre consommation : comment ne pas s’en émerveiller !, et mieux agir à notre niveau pour économiser l’eau afin de la mieux partager entre tous (récupération eau de pluie, veiller aux fuites d’eau, suivi de sa consommation avec des applications liées à nos compteurs….).
« Qu’il prenne sa croix ». Chacun a sa croix, sa souffrance, ses épreuves physiques ou morales. St Paul, dans une épitre, invite Timothée à « prendre sa part de souffrance dans l’annonce de l’Évangile ». La souffrance fait partie de nos vies. Nous ne sommes pas livrés seulement à la souffrance que connaissent tous les hommes. La foi n’exempte pas de la souffrance. Mais, avec Jésus qui a porté la souffrance du monde, la souffrance devient pour nous la croix, notre croix, reliée à celle du Christ. C’est la croix de Jésus qui nous porte. Avec la croix de Jésus, la vie reprend sens, car elle est inséparable de la résurrection. C’est la croix glorieuse que nous célébrerons le 14 septembre.
Chers amis, dans les églises, quand il y a une chaire à prêcher, il y a habituellement en face un crucifix, comme pour rappeler aux prédicateurs la parole de Paul : « Je ne connais que Jésus et Jésus crucifié ». Le missel romain prévoit également une croix dans le chœur. Dans notre église St Martin, nous avons dans les vitraux de la nef, le glaive de St Martin transformé en croix du salut. Aimons à porter une petite croix. Chaque chrétien se trouve confronté à 2 écueils : gommer la croix, pour abonder dans les seuls plaisirs immédiats ou se complaire dans le dolorisme. St Paul nous invite à parler, par toute notre vie, le langage de la croix qui sauve, qui purifie, qui transforme, c’est le langage de l’amour exigeant et rassasiant. Nous sommes faits pour aimer et parfois, l’amour passe par la souffrance. Mais, « J’estime, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous » Rm 8, 18.
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (cf Rm 12, 1-2)
AMEN ALLÉLUIA MARANATHA
