Homélie : Is 42, 1-4. 6-7 ; Ps 28 ; Ac 10, 34-38 ; Mt 3, 13-17
Chers amis,
L’Évangile commence par ses mots : « Alors paraît Jésus ».
Alors, parce que cette scène évangélique au chapitre 3e de St Matthieu, est précédée de la généalogie de Jésus et donc de toute l’histoire de l’humanité, de l’annonce faite à Joseph, de la naissance de Jésus, de sa fuite en Égypte, du massacre des innocents, du retour d’Égypte, de la prédication de Jean-Baptiste…
Alors, suspens ! Qui est ce Jésus qui ne se cache plus, mais qui paraît ?
« Alors paraît Jésus ». La tradition liturgique orientale et occidentale a l’habitude de lier 3 événements de la vie de Jésus comme le manifestant, ce que signifie Épiphanie : la venue des mages, le baptême de Jésus, le miracle de Cana. Unique manifestation de Jésus d’un triple mystère ! Alors Jésus se manifeste comme Sauveur de tous les hommes, pas seulement des juifs (Épiphanie), comme Sauveur du péché et de la mort (Baptême du Seigneur), comme Sauveur-Époux d’une humanité renouvelée, manifestée en l’Église (Cana).
Chers amis,
3 paroles dans cet Évangile : la parole de Jean-Baptiste, la parole de Jésus, la parole du Père
La parole de Jean-Baptiste : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Une parole d’humilité, cad de vérité : Jean-Baptiste a besoin d’être baptisé du baptême d’eau et d’Esprit, mais Jésus n’a pas besoin d’être baptisé. Jésus veut en avoir besoin pour manifester qu’il prend sur lui notre humanité pécheresse pour la purifier, la renouveler. Une parole d’humilité, cad de reconnaissance : Jésus est Messie et Jean est Baptiste de ce baptême d’eau en vue de la conversion. Le nom désigne la personne dans les Écritures. Jean est tellement le précurseur du baptême de Jésus qu’il porte à jamais le nom de Jean-le-Baptiste. Choisissons soigneusement les prénoms de baptême des enfants afin qu’ils soient reliés à notre histoire sainte. Et si ces prénoms sont nouveaux, que les enfants choisissent des saints comme compagnons de route ; faisons tout pour aider les enfants à devenir des saints ! Trouvons du sens dans nos prénoms, choisissons un chemin de sainteté.
La parole de Jésus : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ». Une parole d’invitation au dépassement de soi, d’invitation à entrer dans le projet de Dieu qui nous dépassera toujours. Comment imaginer que Dieu qui se fait homme à Noël continue par amour à s’abaisser pour nous jusqu’à demander d’être baptisé par un homme ! Comment est-ce possible ! « Rien n’est impossible à Dieu » ! Et Jean-Baptiste ne répond pas seulement par une parole, il répond par l’obéissance d’une vie : « Alors Jean le laisse faire ». St Grégoire de Nazianze s’émerveille devant le mystère de la rencontre de Jean-Baptiste avec Jésus : « La lampe s’adresse au soleil, la voix à la Parole, l’ami de l’Époux à l’Époux, le plus grand des enfants des hommes au premier-né de toute la création ». Obéissons chaque jour aux paroles de Jésus. Car Dieu parle dans le silence de nos cœurs.
La parole du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie ». Le baptême de Jésus est l’occasion d’une théophanie, cad d’une manifestation de Dieu : Jésus s’approche du Jourdain, « peut-être pour sanctifier celui qui va le baptiser ». Il sanctifie les eaux du Jourdain. Les cieux s’ouvrent, car depuis le péché d’Adam et Ève le ciel s’était fermé. « Le nouvel Adam ensevelit tout entier le vieil Adam au fond de l’eau….Jésus remonte hors de l’eau. Il porte le monde. Avec lui, il le fait monter » vers le ciel. L’Esprit, signifié par la colombe accourt vers Jésus. La colombe qui avait signifié la fin du déluge annonce le début
de la plénitude des temps. Le Père atteste la royauté universelle de son Fils. La formule : « Celui-ci est mon fils bien-aimé » ressemble aux paroles de sacre des rois de Jérusalem. La formule : « En toi, je trouve ma joie » nous rappelle la prophétie du serviteur d’
Isaïe. Le baptisé Jésus est le Roi-Serviteur…
Chers amis,
Le renouveau de l’Église est contrasté. De moins en moins de baptêmes d’enfants en bas âge, de plus en plus de baptêmes d’enfants en âge de scolarité, de collégiens, de lycéens et d’adultes. Réjouissons-nous de ce renouveau et engageons-nous dans une paroisse toute entière catéchuménale, cad passionnée de l’accueil et de l’accompagnement de ceux qui frappent à notre porte. Témoignons simplement, librement, respectueusement, audacieusement, de notre baptême.
Fêtons notre baptême. Cherchez la date de votre baptême. Et rendez grâce en famille à la grâce de votre baptême, le jour anniversaire de votre baptême ou si vous avez oublié votre date de naissance à la vie de Dieu, fêtez votre baptême en ce jour !
Comment mieux vivre notre baptême ? Peut-être retenir de cet Évangile l’attitude de Jean-Baptiste pour bien vivre notre baptême : « se laisser faire » cad laisser Dieu par sa grâce nous accorder à un projet qui nous dépasse infiniment !; assurément, trouver notre joie en Jésus qui nous parle chaque jour par sa création, par les événements, par l’Église par les évangiles, dans la prière….. ; enfin, discerner sans cesse l’action de l’Esprit-Saint dans nos vies, chaque fois qu’un coin du ciel s’ouvre dans celles-ci….
AMEN ALLÉLUIA MARANATHA

