Seul ce qui a été prononcé faisant foi 

En ce jour de Noël, nous célébrons la Nativité du Seigneur. Nous faisons mémoire de l’Incarnation de Dieu parmi les hommes. Nous méditons sur la puissance de Dieu que de s’être abaissé en entrant dans le temps et l’espace des hommes. Noël est l’ultime limite de Dieu appelant la Foi de l’homme : il se propose à l’image d’un enfant. Pourtant, nombre de nos contemporains ne croient pas en Dieu ; nombre d’entres eux ne l’ont pas reçu. Serions-nous les derniers mohicans à croire dans une telle œuvre divine ? Pourquoi fêtons-nous Noël ?

Si Noël est honoré comme une fête familiale marquée par la distribution de cadeaux, il s’agit d’abord de la venue de Dieu dans le monde. Dieu est LE cadeau des hommes. Longtemps annoncé par les prophètes, il se révèle physiquement en prenant notre condition humaine. Or, que fait un prophète sinon d’annoncer la parole de Dieu ? Que fait un prophète sinon de colporter ce que Dieu lui a inspiré de dire ? Que fait un prophète sinon d’inciter ceux qui l’écoutent à se convertir et à recevoir la parole de Dieu dans leur vie ? Eh bien, Noël est l’accomplissement de cette conversion ; Noël est le moment de la réception de la Parole de Dieu dans notre vie, parole que nous avons écouté avec attention durant le temps de l’Avent. Ainsi, celui qui prend la nature d’un homme est aussi celui que notre cœur et notre esprit n’ont cessé d’entendre, comme pour nous préparer à le recevoir. En ce sens, Noël n’est pas seulement l’Incarnation du Fils de Dieu ; à Noël, c’est notre dignité qui est restaurée. Notre dignité d’homme restaurée, capable de parler avec Dieu ; notre dignité d’homme restaurée, promise à un avenir bienheureux. Autrement dit, Noël n’est pas seulement un fait ; Noël est une participation au projet de Dieu.

Ce projet divin se résume ainsi : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu ». Cette affirmation de St Irénée de Lyon dévoile la vocation de l’homme : « être comme Dieu ». Or, « être comme Dieu » consiste à imiter le Christ dans toute notre vie. Mieux ! « Être comme Dieu », c’est laisser le Fils de Dieu agir dans ma vie. Pour l’illustrer, utilisons l’image d’une phrase. La phrase en entier est Dieu lui-même. Nous sommes le sujet, Le Fils de Dieu est le verbe, l’Esprit-Saint le complément d’objet. Autrement dit, nous existons par Dieu et nous trouvons notre accomplissement en Dieu et grâce à Dieu. Il nous suffit uniquement de coopérer à l’action du Christ qui, en nous déplaçant, nous transforme en lui. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu ». En ce sens, Noël est le début du changement : la peur d’être indigne de Dieu est consolée par la contemplation du visage de Jésus ; la peur de la mort est dépassée par l’assurance que notre avenir est éternel ; la peur de l’échec est consolée par la puissance de Dieu. Faire mémoire de la Nativité du Seigneur revient à dépasser nos peurs et les inquiétudes de notre temps, pour entrer dans l’espérance de la vie divine.

Ainsi, chers amis, nous ne sommes pas les derniers mohicans à fêter la naissance du Sauveur. Nous sommes les premiers témoins du salut apporté par le Christ. Cultivons cette exhortation de St Paul que je fais mienne : « Soyons toujours dans la joie, laissez-moi vous le redire, soyons dans la joie ». « Dieu a visité son peuple » ; il vient nous visiter. Demandons la grâce d’être attentif pour percevoir les signes d’appel du Seigneur, et ainsi, de coopérer à son œuvre. Car, en agissant ainsi, en coopérant à Dieu, c’est le Verbe fait chair que nous offrons à voir au monde entier. Renouvelons notre confiance en Dieu en nous associant à la joie qu’il nous offre de participer à sa victoire.