Devenir ami de l’Esprit Saint

24 mai 2024

L’exercice des vertus comme la prudence, la justice, la force, la tempérance ou la foi, l’espérance, la charité, est souvent difficile ! Comptons alors sur les dons du Saint Esprit. Ils rendent la marche de l’homme plus facile, plus rapide, plus sûre, plus fructueuse.

Ils sont au nombre de sept : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété, la crainte de Dieu. Cf Is 11, 1-2.  CEC n°1830-1832

Apprenons à les connaitre, à les invoquer, à les accueillir, devenons ami de l’Esprit Saint !

1. Le don de sagesse

« S’il est quelque vertu…., que ce soit pour vous ce qui compte » Ph 4, 8, mais l’exercice de ces vertus comme la prudence, la justice, la force, la tempérance ou la foi, l’espérance, la charité, est souvent difficile ! CEC n°1803-1829. Ce qui compte alors pour nous, ce sont les dons du Saint Esprit qui « rendent l’homme docile à suivre les impulsions de l’Esprit-Saint ». Notre vie chrétienne est une vie selon l’Esprit du Seigneur, en suivant les commandements de Dieu et les béatitudes. Quand nos vertus sont à la peine, les dons du Saint Esprit viennent les parfaire. Ils rendent la marche de l’homme plus facile, plus rapide, plus sûre, plus fructueuse. Ils sont au nombre de sept : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété, la crainte de Dieu. Cf Is 11, 1-2.  CEC n°1830-1832

Invoquons le don de sagesse, comme Salomon 1 R 3, 9

Le don de sagesse, « c’est la grâce qui consiste à voir chaque chose », non selon notre propre plaisir ou sentiment, mais « avec les yeux de Dieu », « à entendre avec les oreilles de Dieu, à aimer avec le cœur de Dieu, à juger les choses avec le jugement de Dieu », « à parler avec les paroles de Dieu » pape François. Le sage ordonne toute sa vie selon Dieu. Le don de sagesse emporte l’homme plus loin que s’il vit de la seule sagesse humaine, même pleine de connaissance et d’expérience. Le don de sagesse fait savourer la présence de Dieu en toutes choses, dans le monde et dans l’Eglise (sagesse vient de sapere en latin qui signifie avoir du goût, du discernement). « Goutez et voyez comme est bon le Seigneur ». C’est le don contemplatif, par excellence, qui couronne tous les dons et qui bonifie toute action alors vécue comme participation au mystère pascal : une expérience de mort (détachement de soi) et de résurrection quotidienne (accomplissement de soi dans le don de soi, par la grâce de l’Esprit-Saint). Cette sagesse-là fait goûter la croix comme glorieuse, « la porte étroite » comme salutaire, « la dernière place » comme une béatitude. « J’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi » Sg 7, 7.

Accueillons 3 témoignages :

St François de Salles : Le don de la sagesse lui faisait dire le nom de Jésus, avec une grande affection.
Ste Elisabeth de la Trinité : Le don de sagesse lui faisait se considérer, dans toute sa vie, comme « une louange de gloire » (expression paulinienne) : « Une louange de gloire, c’est une âme silencieuse qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit-Saint, afin qu’il en fasse sortir des harmonies divines ».
Ou encore, Ste Jeanne d’Arc : « Dieu, premier servi »

Demandons la grâce de la sagesse :

« Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, lui qui donne à tous sans réserve et sans faire de reproches : elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec foi, sans la moindre hésitation » Jc 1, 5-6.

Bibliographie : Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC), 1992 ; Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022 ; Olivier BELLEIL, Accueillir les dons de l’Esprit-Saint, 2021.

2. Le don d’intelligence

Ce qu’il n’est pas : « Il ne s’agit pas de l’intelligence humaine, de la capacité intellectuelle dont nous pouvons être plus ou moins pourvu » (1)

Ce qu’il est : « Il s’agit au contraire d’une grâce que seul l’Esprit-Saint peut donner. Comme le suggère le mot lui-même, l’intelligence permet de ‘’intus legere’’ c’est-à-dire de ‘’lire à l’intérieur’’ : ce don nous fait comprendre les choses comme Dieu les comprend, avec l’intelligence de Dieu » (1). Il nous fait comprendre en profondeur, aussi bien les choses humaines, que l’Evangile, ou les sacrements, ou le dessein de Dieu sur nous. Le cardinal Journet écrivait : « A la faveur du don d’intelligence, les vérités de foi deviennent incandescentes, aussitôt même que reçues, bien avant que l’âme ait pu se les formuler à elle-même et songer à les communiquer » (2) C’est « une inspiration secrète » (3), gratuite.  Le don d’intelligence appelle habituellement notre contribution en 3 phases : « L’attention éveillée » qui nous fait supplier l’Esprit-Saint, « puis le désir suscité » qui nous fait persévérer dans la demande, « enfin l’attente comblée » (4) qui nous fait rendre grâce devant tant de lumière éblouissante et réjouissante pour l’esprit.

Demandons le don d’intelligence : « Daigne envoyer ton Esprit de lumière, Seigneur. Qu’il illumine mon intelligence par l’enseignement de ton Eglise et de tes serviteurs les saints. Aide-moi à toujours vouloir comprendre ta vérité avec humilité pour que la foi imprègne toute ma vie. Fais-moi contempler un jour dans ton royaume les réalités du ciel que tu me fais saisir dès ici-bas. Viens en moi, Esprit d’intelligence ! Amen » (4)  

Accueillons 4 témoignages :

Jésus : « L’Esprit Saint vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » Jn 14, 27 
Les disciples d’Emmaüs : « Alors leurs yeux s’ouvrirent……Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Ecritures ? » Lc 24, 31-32 
Ste Thérèse de l’enfant Jésus a été comblée du don d’intelligence. Elle qui n’avait pas fait d’études théologiques a été reconnue docteur de l’Eglise pour la profondeur de ses intuitions et de ses pensées : « Je faisais oraison sans le savoir et déjà Dieu m’instruisait en secret ».
Des enfants au KT : les catéchistes sont souvent surpris des réponses des enfants. « J’ai demandé aux enfants s’ils savaient des choses sur Dieu. Une petite fille m’a répondu : « C’est l’auteur ». Je lui ai demandé de préciser. Elle m’a dit : « C’est l’auteur du livre ». Mais encore !… »C’est l’auteur du livre de la vie de Jésus ». Une autre enfant écrit : « Que ta volonté soit fête sur la terre comme aux cieux ». Une faute d’orthographe vraiment intelligente !

Bibliographie :
(1) Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022 ;
(2) Cardinal Journet, Entretiens sur le Saint-Esprit, 1997 ;
(3) Rupert de Deutz, théologien du XIIe S, Les œuvres du Saint-Esprit, IV, 3 ;
(4) Ludovic Lécuru, Les 7 dons du Saint-Esprit, 2002.

3. Le don de conseil : un don à implorer chaque jour

Les dons de sagesse et d’intelligence façonnent notre vie contemplative avec Dieu, le don de conseil et les 4 autres dons restants, fortifient notre vie fraternelle. 7 dons, comme les 7 notes de musique pour chanter par toute notre vie, l’Evangile de Dieu !

Nous passons notre vie quotidienne à faire des choix plus ou moins importants. L’Esprit-Saint, avec le don de conseil, « rend notre conscience capable de faire un choix concret en communion avec Dieu, selon la logique de Jésus et de son Evangile ».*
Nous devons, éclairés par la culture et l’enseignement de l’Eglise, mettre en œuvre toutes les capacités de notre intelligence, de notre volonté, de notre mémoire, de notre cœur pour bien choisir, choisir selon le cœur de Dieu.
Si nous le prions et le supplions, tel un Souffleur, tel un GPS, l’Esprit-Saint vient à notre secours ; il ordonne nos pensées, nos désirs, nos sentiments, selon notre plus grand bien et celui de nos frères. Un choix s’impose, un chemin s’ouvre devant nous, avec une assurance, avec une facilitée, jamais encore éprouvées.
Comment conseille l’Esprit-Saint ? Par une inspiration, par un événement, par l’éclairage d’un frère, par un accompagnateur spirituel…

Prière de demande : « Ô Esprit-Saint, Amour du Père et du Fils, inspire-moi toujours ce que je dois penser, ce que je dois dire, comment je dois le dire ; ce que je dois taire, ce que je dois écrire, comment je dois agir, ce que je dois faire, pour procurer ta gloire, le bien des âmes et ma propre sanctification. Ô Jésus, toute ma confiance est en toi ». Cardinal Verdier

Paroles de Dieu : « Fais tout avec conseil, et tu ne t’en repentiras pas » Si, 32, 19 ; « Je bénis le Seigneur qui me conseille, même la nuit, mon cœur m’avertit, je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite, je suis inébranlable » Ps 16, 7-8.

Témoignages : Ste Jeanne d’Arc, interrogée par ses juges : « Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ? » Jeanne d’Arc n’était pas instruite. Répondre oui, une preuve de présomption ; répondre non, un manque de confiance. Inspirée par l’esprit de conseil, elle répond : « Si j’y suis, Dieu m’y garde ; si je n’y suis, Dieu m’y mette ».

Le curé d’Ars a beaucoup conseillé les pénitents qui venaient à lui pour éclairer des choix importants dans leurs vies : mariage, vie consacrée, fondation d’institut, affaires matérielles…. « En général, ses réponses étaient nettes et promptes. Il élevait les yeux au ciel, puis décidait sans hésitation et avec beaucoup de sureté. Parfois, il demandait le temps de réfléchir et de consulter ».**

Le don de conseil est largement répandu, dans tout le peuple de Dieu, un peuple de prêtres, de prophètes et de rois : époux, parents, éducateurs, professionnels…. (Vatican II)

Bibliographie :
* Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022 ;
**Mgr Francis TROCHU, Le curé d’Ars, 1987.

4. Le don de science

St Thomas d’Aquin aimait à dire : « S’il est saint, qu’il prie pour vous ; s’il est prudent, qu’il vous gouverne ; s’il est savant, qu’il vous enseigne ».

Un scientifique est un homme de science qui accumule un certain nombre de connaissances, dans un domaine bien précis, parmi les très nombreux champs de la science.

« La science qui vient de l’Esprit-Saint »*, et qui est offerte à tous, « ne se limite pas à la connaissance humaine : c’est un don spécial qui nous amène à saisir, à travers la création, la grandeur et l’amour de Dieu et sa relation profonde avec chaque créature »*. 

Le véritable savant selon Dieu est celui qui connait le monde dans la profusion permanente du geste créateur : « Et Dieu vit que cela était bon », beau, vrai… . « Et Dieu vit que cela était très bon », très beau, très vrai ; il sait, de science divine, que toute chose parle de Dieu Créateur. Son cœur au sens biblique, c’est à dire son être tout entier, est saisi d’émerveillement, de respect, de gratitude, du désir de « garder », de promouvoir la création comme don de Dieu.

C’est l’écologie intégrale mise en valeur par le pape François**. Le véritable savant de science divine « comprend que la création est le plus beau don de Dieu »*, il aime ce monde qui passe, mais il s’attache surtout à ce qui ne passe pas. Il apprécie tous les dons de l’existence, sans s’y attacher, il apprécie surtout Dieu et son Royaume qui ne passe pas.

 

Prière d’action de grâce : « Seigneur, je te remercie pour le don de l’existence, et pour le temps qui passe. Un jour, la rivière de ma vie finira par s’écouler sur cette terre, pour plonger dans ton immense océan d’Amour, de Paix, de Joie. Ce sera le bonheur en plénitude. Aujourd’hui, je te dis mon cantique des créatures, à partir de toutes les belles choses vues en ce jour, et que je ferai remonter en prière. Donne-moi le sens du temps qui passe et le goût des choses qui ne passent pas »

 

Paroles de Dieu : « Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez-le, à toi, louange et gloire éternellement » Dn 3, 57-58

 

Deux témoignages :

St François d’Assise (1181-1226) : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement, messire le frère Soleil… par sœur Lune et les étoiles… par frère Vent… par sœur Eau… par frère Feu… par notre sœur mère Terre. Loué sois-tu, mon Seigneur, par ceux qui pardonnent par ton amour et soutiennent maladies et tribulations…. Loué sois-tu, mon Seigneur, par notre sœur Mort corporelle, à laquelle nul homme vivant ne peut échapper…. Louez et bénissez mon Seigneur, et rendez grâce et servez-le avec grande humilité ».

St Thomas d’Aquin (1225-1274) : Lui, le théologien, par excellence, pouvait confier à la fin de sa vie : « Le terme de mes travaux est venu ; tout ce que j’ai écrit et enseigné me semble un brin de paille auprès de ce que j’ai vu et de ce qui m’a été dévoilé. Désormais j’espère de la bonté de mon Dieu que la fin de ma vie suivra de près celle de mes travaux ».

 

Bibliographie : Pape François : Reçois l’Esprit-Saint*, 2022 ; Encyclique Laudato si’, 2015** 

5. Le don de force

C’est beau la force physique des sportifs, liée à une volonté déterminée.

C’est beau la force d’âme qui, par exemple, faisait dire à Nelson Mandela, à la fin de sa vie traversée par tant de combats : « Je suis le capitaine de mon âme ». Cette maitrise de soi fait traverser les turbulences de la vie. Pas de vertu (virtus en latin signifie force) sans cette force d’âme qui fait tenir debout dans l’existence. « La force assure, dans les difficultés, la fermeté et la constance, dans la poursuite du bien » *

Le don de force vient perfectionner la vertu morale de force, en 3 circonstances :

– Lorsque je suis en situation de faiblesse : paresse, découragement, peurs… Je peux alors me servir de cette situation pour demander de l’aide à des frères et crier aussi : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur à notre secours », comme le font chaque jour ceux qui prient les laudes et des vêpres. Le Seigneur écoute le cri des pauvres. « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » 2 Co 12, 10. Cette pauvreté confiante obtient tout : « Je peux tout en celui qui me rend fort » Ph 4, 13

– Lorsque les conditions sont extrêmes et peuvent conduire au martyr

– Lorsque les difficultés et les contrariétés sont ordinaires. « Ce don de force doit constituer le fond de notre être chrétien dans l’ordinaire de la vie quotidienne »**

 

Témoignages :

Les saints du quotidien : « Pensons à ces hommes à ces femmes, qui mènent une vie difficile, qui luttent pout faire vivre leur famille, éduquer leurs enfants : tout cela, ils le font parce que l’esprit de force les aide… Ces frères et sœurs sont des saints, des saints du quotidien, des saints cachés parmi nous : ils ont justement le don de force pour accomplir leur devoir de personnes, de pères, de mères, de sœurs, de citoyens. Il y en a tellement ! » **

Les malades et les aidants, « quand ils agissent avec la sérénité du Christ »***, dans une attitude d’offrande de leurs vies et de communion avec Dieu

Ste Thérèse d’Avila : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit »

 

Prière : « Dieu fort, envoie sur moi ton Esprit. Donne-moi de résister à l’esprit du mal et soutiens-moi toujours. Donne-moi la fermeté dans les contrariétés de la vie, la patience dans les épreuves, l’endurance dans ma vocation, l’audace dans les batailles à livrer. Convertis mon cœur entièrement afin que je sois assez fort pour agir comme il te plaît, sans jamais faiblir. Que je demeure fidèle à mon baptême tout au long de ma vie »***

 

Rendre grâce : « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force »    2 Tm 1, 7

 

Bibliographie : *Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC), 1992 ; **Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022 ; ***Ludovic LECURU, Les 7 dons du Saint-Esprit, 2002

 

6. Le don de piété

Le mot piété a vieilli, il fait penser au piétisme (une manière de prier mal équilibrée et incohérente avec ses actes), et même à la pitié (« avoir pitié de son prochain » !). En ce sens, la piété n’a pas bonne presse.

On peut comprendre aussi la piété comme l’art de la prière.

Plus profondément, la piété est un mot de l’Ecriture Sainte qui désigne la relation de l’homme avec Dieu-Père, son Père, notre Père. « En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! » Rm 8, 14-15.

On peut vivre sous le regard d’un Dieu Créateur, Juge, Sauveur…. Ce qu’il est. Mais, on peut vivre d’abord comme son enfant, aimé tendrement par son Père, aimé infiniment, aimé personnellement. La piété, c’est « une relation vécue avec le cœur »*, c’est la tendresse filiale.

Cette piété se traduit bien évidemment dans la prière confiante et à toute épreuve, mais surtout à chaque instant de la vie.

Le chrétien, enrichi du don de piété, fait tout avec la grâce de l’enfance, en rendant amour pour Amour, avec douceur, calme, patience, joie, et avec « le sourire que donne l’Esprit-Saint »*. Un enfant est toujours lié à ses parents, il leur fait naturellement confiance. Il est insouciant, il dévore la vie. Il se sent en sécurité. Le don de piété chasse la peur, l’inquiétude, les superstitions, pour nous faire grandir dans la liberté des enfants de Dieu. « Ne vous faites pas de souci pour demain…; à chaque jour suffit sa peine ». Mt 6, 34

 

Prière : Notre Père….

 

Témoignages :

St Charles de Foucault : « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu. Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains, sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père ».

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus a développé la spiritualité de l’enfance spirituelle : « J’ai toujours désiré d’être une sainte, mais, hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qu’il existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; ….je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle….Maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi, je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors, j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : « Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi » (Proverbes 9,4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous bercerai sur mes genoux ! » (Isaïe 66,13). Ah ! Jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus »

 

Bibliographie : * Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022

7. Le don de crainte

Des commentateurs spirituels des 7 dons du Saint-Esprit commencent, parfois, avec le don de crainte, car « la sagesse », accomplissement de tous les dons, « commence avec la crainte du Seigneur » Pr 9, 10.

Je termine cette présentation des 7 dons du Saint Esprit par celui de la crainte pour en monter l’importance, dans l’ordre de l’expérience, en vue d’atteindre la sagesse.

 

Pourquoi ce don de la crainte est-il si important ?

1ère raison : C’est lui qui nous aide à nous situer à notre juste place : nous sommes infiniment petits et Dieu est infiniment grand.
Parfois, devant la montagne, la mer, l’espace des astres, nous pouvons être saisis de vertige, d’émerveillement, voire de crainte.

Devant le buisson ardent, « Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu » Ex 3, 6.

Isaïe, quand il vit le Seigneur dans une vision et entendit les séraphins crier, l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire », dit alors : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » Is 6, 1-5.

Pierre, émerveillé par la pêche miraculeuse, « tombe aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » Lc 5, 8.

Le don de crainte n’est pas la peur de Dieu qui caractérise l’homme pécheur Gn 3, 8-10.  Même si certains ont peur de Dieu, ou de la représentation qu’ils s’en font.
Le don de crainte n’est pas la peur de l’enfer. Même si certains ont peur de l’enfer.
Le don de crainte n’est pas la peur d’être appelé par Dieu à telle vocation. Même si certains ont peur que Dieu aliène leur liberté.
Le don de crainte n’est pas l’épouvante, la frayeur, l’affolement, la terreur…. Même si certains ont peur de tout !

Le don de la crainte est cette forme d’amour d’infini respect envers Dieu qui « nous fait comprendre que la seule chose importante est de nous laisser conduire par Jésus dans les bras du Père » *. L’âme craint de perdre Dieu, son Amour !

 

2ème raison : Le don de crainte suscite les attitudes conjointes d’humilité, d’abandon, de confiance, de docilité. « Il ouvre les cœurs afin que le pardon, la miséricorde, la bonté, les caresses du Père viennent à nous, car nous sommes ses fils infiniment aimés »*

 

3ème raison : « La sainte crainte de Dieu » nous met en garde contre le péché. Elle constitue comme une alarme de nos âmes. Devant des situations d’orgueil, de vanité, de toute puissance…, l’âme, animée du don de crainte, ressent le mal, elle choisit le bien, elle veut rester unie à Dieu, elle veut accomplir sa volonté bienveillante. « Le don de crainte produit en nous une parfaite purification de la conscience »**

 

Témoignages :

Catherine de Sienne répétait dans sa prière : « Qui suis-je ? Et dis-moi qui tu es Seigneur ?». Un jour, Jésus lui dit : « Je suis Celui qui suis, tu es celle qui n’es pas. Cette vérité est le fondement de toute vie spirituelle ».

St Curé d’Ars : Rien à craindre de Dieu, notre Père. « Dieu est plus rapide à nous sauver de nos péchés qu’une mère à enlever son enfant du feu »

 

Prière : 

« Esprit de Dieu, daigne me remplir de ce sentiment continuel de ta présence, si inouïe et si proche. Accorde-moi cette crainte bienheureuse que l’on éprouve en se tenant devant Dieu et ses créatures bien-aimées. Anime ma vie d’esprit d’adoration à l’égard de la grandeur du Dieu Très-Haut. Purifie ma conscience, rends-la délicate et bienveillante pour discerner ce qui plaît à Dieu, afin que ma vie soit louange à la gloire de Dieu ». Amen***

 

 Bibliographie :

*     Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022 ;
**   St Bonaventure, les 7 dons du Saint Esprit ;
*** Ludovic LECURU, Les 7 dons du Saint-Esprit, 2002 ;

8. Les Charismes

Selon le langage courant, on entend parfois dire, à la vue ou à l’écoute d’une personne brillante et entrainante, remplie de qualités et de talents : « Elle a du charisme » ou « C’est une personne charismatique » !  Cela ne suffit pas, loin s’en faut, à déterminer la richesse du mot charisme, dans l’Ecriture et dans l’Eglise : « Extraordinaires ou simples et humbles, les charismes sont des grâces de l’Esprit Saint qui ont, directement ou indirectement, une utilité ecclésiale, ordonnés qu’ils sont à l’édification de l’Église, au bien des hommes et aux besoins du monde »* n°799.

Détaillons les caractéristiques propres aux charismes :

1ère caractéristique : Charisme vient du grec charis qui signifie don, faveur. C’est gratuit, c’est en plus du don de l’existence et de la grâce des sacrements. Ce n’est pas lié à nos mérites. C’est cadeau ! Pourquoi des personnes illuminent les esprits, touchent les cœurs, sont inspirées et inspirantes, entraînent, sans manipuler, dans le sens de l’Evangile ? 

Vigilance : comment ne pas rendre grâce !  

 

2ème caractéristique : Ce don est tourné vers les autres et non vers soi : « C’est un don que Dieu fait à l’homme, pour qu’avec la même gratuité et le même amour, il le mette au service de la communauté toute entière, pour le bien de tous »**. Le charisme est cadeau et mission !

Vigilance face aux détournements possibles avec l’orgueil, la jalousie, la vantardise…

 

3ème caractéristique : L’Eglise parle des charismes au pluriel : « Ils peuvent prendre les formes les plus diverses, soit comme l’expression de la liberté absolue de l’Esprit, soit comme réponse aux multiples exigences de l’histoire de l’Eglise »***. « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter. Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier » 1 Co 12, 4-11.

Vigilance : La communion des charismes.

 

4ème caractéristique : L’Eglise a constaté dès ses origines le déploiement des charismes, des plus simples aux plus visibles : il y a le charisme de chacun, les charismes particuliers de la vie consacrée, les charismes liés aux familles, aux paroisses, à la vie citoyenne. Le catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes attirent notre attention sur les charismes féminins : « En tant que ‘’mères de tous les vivants’’, les femmes ont des dons et des capacités particulières, (une) manière…. propre d’enseigner, d’évangéliser, de vivre la charité, la spiritualité et la pastorale…. »****

Vigilance : A temps nouveaux, charismes nouveaux !  

 

5ème caractéristique : Les fruits des charismes sont la construction de la vie en société et de la vie de l’Eglise dans l’unité et la communion-missionnaire.

Vigilance, vis-à-vis de toute forme de division.

 

Points d’attentions extrêmement pratiques :
1. « Reconnaitre et discerner les charismes et les aptitudes de chacun » Actes du synode 2018-2021. Diocèse de Laval. Décret 2. 1. «  Personne ne peut dire : ‘’Moi, j’ai ce charisme’’. C’est au sein de la communauté qu’on apprend à les reconnaitre »**
2. n’empêche pas de s’interroger personnellement: « Y-a-t-il un charisme que le Seigneur a fait naitre en moi ? Et comment est-ce que je me comporte vis-à-vis de ce don »** reconnu par les autres ? 
3. Développer une culture paroissiale du discernement des charismes. Nous sommes tous responsables de ce discernement en lien avec nos pasteurs.

 

Témoignages :
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus :
« Thérèse voulait avoir tous les charismes…. Elle s’est mise à prier, elle a senti que son charisme était l’amour…. Ce charisme nous l’avons tous : la capacité d’aimer »**

 

Méditations : 
« Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit » Ga 5, 25
« ‘’L’Esprit-saint est l’hôte silencieux de notre âme’’ St Augustin. Il s’exprime souvent de manière très douce par la voie de notre conscience ou par des stimuli intérieurs ou extérieurs. Plus nous sommes ouverts à l’Esprit-Saint, plus il devient un maître de vie, plus il se hâte de nous donner ses charismes pour construire l’Eglise »****
St Ignace de Loyola : « La plupart des gens n’ont pas idée de ce que Dieu ferait d’eux, s’ils acceptaient simplement de se mettre à sa disposition »

 

Prière : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit, qui renouvelle la face de la terre »  

 

Bibliographie : 
*Catéchisme de l’Eglise catholique, 1992 ;
**Pape François, Reçois l’Esprit-Saint, 2022
***Jean-Paul II, Exhortation apostolique, les fidèles laïcs, 1989 ;
****Youcat, Catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes, 2011