Logo Diocese-de-Laval
Plus de 150 personnes ont participé à la célébration de l’Assomption le 15 août devant la chapelle de Notre-Dame du Hec. C’est devenu une tradition depuis de nombreuses années dans ce cadre ombragé qui favorise le recueillement. De nombreux paroissiens se sont impliqués pour l’organisation matérielle et le déroulement de la cérémonie très vivante. Le père Jomy a présidé la célébration accompagné de Jean-Claude Foubert diacre, mais aussi organiste, animation des chants et 2 servants d’autel.
Homélie du Père Jomy

 

Chers frères et sœurs en Christ,

Aujourd’hui, nous nous rassemblons, le cœur rempli de joie, pour célébrer la solennelle fête de l’Assomption de la Vierge Marie. C’est un jour où l’Église, dans sa grande sagesse, nous rappelle une vérité fondamentale de notre foi : Marie, la Mère de Dieu, a été élevée corps et âme à la gloire du Ciel. Cette fête n’est pas seulement une glorification de Marie, mais un signe d’espérance puissant pour nous tous. Elle nous donne un aperçu de notre propre destinée, nous qui marchons à la suite de son Fils, Jésus.

L’Évangile que nous venons d’entendre (Luc 1, 39-56) nous plonge dans un moment d’une profonde humanité et d’une foi immense : la Visitation de Marie à sa cousine Élisabeth. Imaginez Marie, jeune femme à peine sortie de l’adolescence, enceinte de Jésus, qui se met en route, sans hésiter, pour aider sa cousine plus âgée, elle aussi enceinte. Ce geste est d’une beauté et d’une humilité bouleversantes. Il nous montre que le premier élan de Marie, après avoir reçu la plus grande nouvelle de l’histoire, n’est pas de rester enfermée dans sa propre joie, mais de se mettre au service des autres. Elle porte le Christ en elle, et elle se fait le premier missionnaire, le premier témoin, allant l’apporter à Élisabeth. C’est la première leçon pour nous : nous sommes appelés à être des porteurs du Christ, à aller vers les autres pour leur apporter la lumière de l’Évangile.

Lorsque Marie arrive, l’enfant que porte Élisabeth, Jean-Baptiste, tressaille de joie. L’Esprit Saint remplit Élisabeth qui s’écrie : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !» Elle ne se contente pas de saluer sa cousine, elle reconnaît la grandeur de l’œuvre de Dieu en elle. C’est un moment de reconnaissance, non pas des mérites de Marie, mais de son abandon total à la volonté divine. Le « oui » de Marie a ouvert la porte au Salut du monde. L’Assomption n’est que la consécration ultime de ce « oui ». C’est la promesse de Dieu tenue, que ceux qui lui font confiance seront, eux aussi, ressuscités pour la vie éternelle.

C’est alors que Marie, inspirée par l’Esprit, entonne son magnifique chant de louange, le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.» Ce n’est pas seulement une prière intime, c’est une véritable révolution spirituelle. Marie proclame la justice de Dieu, ce Dieu qui « renverse les puissants de leurs trônes, élève les humbles », et qui « comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ». Son chant nous rappelle que les valeurs du Royaume de Dieu sont à l’opposé de celles du monde. En Marie, nous voyons le triomphe de l’humilité et de la foi sur l’orgueil et la puissance.

L’Assomption nous révèle ainsi la profondeur de notre propre destinée. Marie, en tant que première disciple du Christ, nous montre la voie. Son élévation au Ciel, corps et âme, n’est pas une exception qui la mettrait à part, mais un signe d’espérance qui nous concerne tous. Dieu nous promet que, comme Marie, nous sommes faits pour la vie éternelle, corps et âme, dans la gloire du Ciel. Cette fête nous invite à ne pas nous attacher aux choses éphémères de ce monde, mais à orienter nos cœurs vers la joie éternelle auprès de Dieu.

Cette vérité est aussi une réponse cinglante à toutes les philosophies qui ont voulu rabaisser le corps. L’Assomption de Marie affirme avec force que notre corps n’est pas une prison pour notre âme, mais une partie essentielle de notre être, créé à l’image de Dieu, et destiné, lui aussi, à la gloire. Nous ne sommes pas de simples esprits qui attendent d’être libérés de la matière, mais des personnes entières, corps et âme, appelées à la résurrection.

Alors, en cette fête de l’Assomption, que pouvons-nous retenir ? Trois choses simples.

  1. Imitons l’humilité et la foi de Marie. Dans un monde qui nous pousse à nous mettre en avant, Marie nous enseigne à mettre Dieu en lumière.
  2. Soyons des porteurs du Christ. Comme Marie, allons vers les autres, que ce soit par une parole d’encouragement, un geste d’aide ou une écoute attentive.
  3. Vivons dans l’espérance. Le même Dieu qui a élevé Marie nous prépare une place. Disons « oui » à Dieu, non pas seulement une fois, mais chaque jour. Offrons-lui nos projets, nos peines, nos joies. Ne craignons pas de prendre notre croix, car Marie nous montre que c’est le chemin qui mène à la gloire éternelle.

Que l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie nous remplisse de courage et de joie, et qu’elle nous rappelle que notre destinée est dans la maison du Père, où nous serons un jour unis au Christ pour l’éternité, corps et âme. Amen.