Frères et sœurs, amis en Christ, nous célébrons aujourd’hui la solennité de l’Ascension du Seigneur, son retour dans la gloire de son Père après avoir accompli la mission qui lui avait été confiée par le Père en l’envoyant sur la terre et la promesse de recevoir la force de l’Esprit Saint pour vivre comme ses témoins.

            Ce temps nouveau qui commence qu’on a appelé le « temps de l’Eglise » n’est pas un recommencement sans la présence de Jésus qui serait disparu pour toujours. Au contraire, l’Ascension nous invite à réaliser que le départ de Jésus élevé au ciel, n’est pas celui d’une absence, mais bien plutôt d’une présence « démultipliée ». La présence de Jésus limitée jusque-là à ceux et celles qui pouvaient l’approcher physiquement, le toucher, le voir, entendre ses paroles, sera désormais une présence sans limites de frontières et d’espace. « Quand le Christ est emporté au ciel », il rejoint le Père et, comme il l’a dit de nombreuses fois à ses disciples, il ne se sépare pas d’eux. Au contraire, il leur promet que le don de l’Esprit Saint leur permettra de découvrir sa présence d’une manière nouvelle de celle qu’ils ont connue.

             Le Christ ressuscité ne meurt plus, il est toujours vivant. Sa présence est accessible à tous et à toutes, à ceux et celles qui le reconnaissent dans la foi comme le Seigneur de leur vie et l’Envoyé du Père pour le salut du monde. Cette présence intime au plus profond des personnes que nous sommes, se réalise non seulement dans la foi, mais aussi de façon visible dans les sacrements où la présence du Christ se réalise à travers les gestes et les paroles qu’il nous a laissés.

             Dans chaque sacrement, il y a une présence réelle et particulière du Christ, car c’est lui qui agit. Ainsi quand le ministre du baptême procède au baptême de quelqu’un, il dit « Je te baptise » et il verse l’eau. Ce n’est pas lui qui baptise, c’est Jésus qui le fait par lui. Ainsi du sacrement de la Réconciliation, de l’Eucharistie, etc …

             Le ciel de la foi, c’est Dieu lui-même qui habite une lumière inaccessible. Jésus est entré dans l’éternité de Dieu, qui transcende tous les lieux et tous les temps. Il est en nous et au milieu de nous. L’Esprit Saint est dans nos cœurs pour nous faire passer dès mainenant de la guerre à la paix, de la dureté à l’amour, de la mort à la vie ; pour que dès maintenant quelque chose de la joie de l’au-delà éclaire notre vie et notre monde.    

             La question posée par les anges s’adresse aussi, à nous, ici et maintenant : « Pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? ». Attention, ce n’est pas une invitation à regarder uniquement les choses de la terre, mais un avertissement, un appel à ne pas vivre dans les nuages en regardant le ciel où se serait temporairement réfugié Jésus, mais bien à le rencontrer présent ici-bas dans tous les événements de notre vie personnelle et collective, dans nos épreuves et nos difficultés comme dans nos joies et notre espérance, dans la communauté chrétienne, dans l’eucharistie, parmi les hommes et les femmes qui, prenant la dernière place, attendent de nous « le service du frère » à travers lequel Jésus a voulu se rendre présent.

             Je m’en vais, mais je ne pars pas, tel est le message de Jésus à retenir aujourd’hui : « C’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés… vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem… et jusqu’aux extrémités du monde ».

             Préparons-nous à accueillir ce « don de l’Esprit » que nous célébrerons le dimanche de la Pentecôte. D’ici là, prenons la peine de reconnaître la présence de Jésus dans nos vies selon nos possibilités en donnant un peu de temps pour le rencontrer dans la prière par exemple, en participant à un office religieux, en lisant la Bible, en récitant le chapelet, en se mettant au service des autres, etc… en devenant pèlerins de l’espérance. Amen.

Père Jean-Claude DUCLOS