Dimanche dernier, nous avons entendu la parabole du semeur qui ensemence son champ, c’est-à-dire de la Parole de Dieu qui est adressée aux hommes, d’abord au peuple élu puis à tous les hommes qui la reçoivent diversement comme une parole qui ne les concerne pas ou qui devient très secondaire ou bien comme une parole qui fait vivre.

Aujourd’hui, c’est une autre parabole qui complète la précédente, il y est question d’un cultivateur qui sème du bon grain dans son champ et d’un ennemi qui, au milieu de la nuit, sème de l’ivraie qui se mélange au bon grain. Ce n’est qu’après la sortie de terre de la graine, qu’on s’est aperçu du méfait… il était encore possible d’intervenir immédiatement pour débarrasser le champ de l’ivraie indésirable.

Il s’agit donc toujours de la Parole de Dieu… et d’une autre parole qui contredit la parole Dieu ou, pour le dire autrement de la vérité et du mensonge.

Jésus faisait ici allusion à l’interprétation hypocrite que les scribes et les pharisiens donnaient à la Parole biblique mais il voyait aussi plus loin.

En effet, cette histoire s’applique bien à notre temps :

L’enseignement de l’Église qui s’appuie sur la Bible est contredite par des propos qui peuvent séduire ceux qui n’ont pas eu les bases nécessaires et suffisantes pour y voir leur caractère mensonger. Ainsi, dans notre esprit, le vrai et le faux peuvent se mêler : on professe la foi de l’Eglise mais on relativise certaines prises de position, on se laisse séduire par les idées que le monde, c’est-à-dire l’Adversaire que Jésus a appelé « le prince de ce monde », cherche à imposer comme un progrès nécessaire.

Revenons à la parabole elle-même, le propriétaire du chant décide de ne pas intervenir aussitôt pour le nettoyer, il eut pourtant été sage de le faire mais Jésus veut nous faire comprendre que Dieu est patient et d’une grande sagesse car il veut que les hommes qu’il a créés à son image puissent être sauvés en nombre.

Si l’ivraie ne peut pas changer de nature et devenir du bon grain, les hommes peuvent toujours se convertir, comprendre que les discours qui les ont séduits sont en fait mensongers.

Dieu agit dans la discrétion comme nous l’avons entendu dans la première lecture : « Toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement… et après la faute, tu accordes la conversion ».

Comment le fait-il ? Saint Paul nous le rappelle : c’est l’Esprit Saint qui vient au secours de notre faiblesse et qui intercède en notre faveur.

Laissons-le agir dans notre vie, il nous aidera à distinguer la vérité du mensonge.

Père Bernard VENOT