Seul ce qui a été prononcé faisant foi

 

De qui seras-tu le jumeau ?

Malgré l’annonce des Apôtres de la résurrection du Seigneur, Thomas ne croit pas. Il semble être animé par le besoin de voir la marque des clous sur le corps de Jésus : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ». C’est donc à la manière d’une réponse que Jésus va leur apparaître de nouveau à eux, huit jours plus tard. Aussitôt après la parole de bénédiction, Jésus invite Thomas à s’approcher pour y toucher ses plaies. Une expérience qui poussera à une profession de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Que représentent les plaies sur le Christ ressuscité ? Pourquoi Jésus est-il ressuscité avec la marque de ses plaies ?

Apparaissant au milieu de ses disciples alors que les portes sont verrouillées, Jésus fait bien plus que dépasser les lois de la physique. En se présentant à eux, Jésus vient d’abord les consoler et les rassurer. Les disciples se sont effectivement enfermés par peur des représailles, des autorités juives. En leur apparaissant, Jésus prend le soin de leur montrer ses plaies. Il suggère que la résurrection conserve un lien avec le passé, qu’elle n’est pas une réincarnation. Les plaies sont les stigmates de ses souffrances, et bien plus, du don total de lui-même. Elles manifestent un lien étroit entre les blessures et le don de la vie. Des blessures qui provoquent la mort peuvent devenir des fontaines de vie éternelle. En ce sens, en montrant ses plaies, Jésus manifeste sa victoire définitive sur la mort. Il montre aussi qu’elles sont le moyen par lequel se répand la grâce de Dieu. Si l’Apôtre Thomas cherche à reconnaitre le Ressuscité à travers ses plaies, c’est non seulement pour gouter à la grâce divine, mais aussi, pour voir en vérité sa finitude. Car, voir les plaies du Ressuscité renvoie à la violence de nos péchés et de notre imperfection. Autrement dit, l’apôtre Thomas nous permet de découvrir un visage nouveau du Christ : Jésus miséricordieux.

La miséricorde, c’est le nom de Dieu. Malgré des imperfections des hommes et leurs ingratitudes à l’égard de leur Créateur, Dieu demeure fidèle. Cette fidélité s’exprime dans la compassion pour la misère des hommes. Car oui, tout mal que l’on commet et tout bien que l’on renonce à procurer, nous rend misérable. Nous cherchons à être aimable en devenant puissance d’avoir, de pouvoir ou de savoir. Or, associé à la compassion, Dieu demeure emplie d’espérance pour sa créature : il la voit dans sa perfection. La miséricorde est donc l’association de la compassion et de l’espérance divine qui résume toute la démarche du Christ : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu ». En ce sens, recevoir la miséricorde de Dieu, c’est faire de ses blessures des fontaines de la grâce divine. Vivre de la miséricorde de Dieu, c’est devenir le jumeau du Christ. Alors nos péchés ne sont plus des fautes à dissimuler ou à relativiser « comme si ce n’était pas si grave » ; nos péchés deviennent des moyens de bénédictions et de grâce, si, chaque fois que nous nous en rendons compte, nous les remettons entre les mains de Dieu par la confession. De même, l’Eucharistie est le lieu de l’abaissement de Dieu dans sa compassion. Elle est le lieu de notre élévation dans la gloire du Ciel. Y participer assidument revient à devenir un visage de la Miséricorde divine.

Ainsi, chers amis, en ce premier jour de la semaine, Jésus vient au milieu de nous dans l’Eucharistie. Adorons-le en acceptant de regarder en vérité nos péchés. Déposons-les entre ses mains, dans le sacrement de la réconciliation. Alors seulement, approchons-nous avec Thomas de la sainte table, pour qu’en recevant le Saint-Sacrement, nous puissions bénéficier des grâces qu’il désire tant nous offrir. Ayons également le soin de disposer dans nos maisons, dans notre espace de prière, une image du Sacré-Cœur de Jésus. Nous pourrons ainsi gouter davantage la grandeur de cette miséricorde divine. Osons devenir des jumeaux de Jésus. Voilà ce qui nous comblera de joie !