Seul ce qui a été prononcé faisant foi
Accueil : Frères et sœurs, chers amis,
4e dimanche de Pâques et non pas 3e dimanche après Pâques, comme pour nous rappeler que nous solennisons l’unique jour de Pâques pendant 50 jours jusqu’à la Pentecôte, unique jour de Pâques qui a fait basculer le monde dans la victoire du Christ sur la mort, victoire à laquelle Dieu nous associe par le baptême et les sacrements. « Le Christ est vraiment ressuscité, ALLÉLUIA ». Le 4e dimanche de Pâques est également le dimanche du Bon Pasteur, avec l’Évangile du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Ce dimanche est appelé traditionnellement le dimanche des vocations. Nous prions pour toutes les vocations et formes de vocations, spécialement celles des prêtres pour que l’Église soit au milieu du monde, signe de salut. Réjouissons-nous à Mayenne avec la présence du mouvement LCE cad Lourdes Cancer Espérance, bien présent dans le diocèse de Laval. Une fois par an, Lourdes Cancer Espérance va de paroisse en paroisse pour se retrouver et se faire connaitre. Soyez les bienvenus avec Mme Marie-Josèphe GARNIER leur responsable et le frère Marie-Bonnet, leur prêtre accompagnateur, ici présent. Il fait partie de la congrégation diocésaine des chanoines réguliers de Marie, Mère du Rédempteur, au prieuré de la cotellerie, en Mayenne. Lourdes Cancer Espérance se présentera en fin de messe.
« Frères et sœurs, préparons-nous…… »
Homélie : Ac 2, 14a.36-41 ; Ps 22 ; 1 Pi 2, 20b-25Jn 10, 1-10
Chers amis, un brin d’explication, un brin d’actualisation.
Un brin d’explication, avec l’éclairage du Catéchisme des adultes des évêques de France (1991). Avec la 1e lecture, Pierre, 50 jours après Pâques, annonce sans peur la résurrection avec la force de l’Esprit-Saint : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié ». Et cette annonce porte du fruit : « Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : ‘’Frères, que devons-nous faire’’ ».
Pourquoi Pierre ne dit–t-il pas tout simplement comme souvent dans la liturgie que « le Christ est ressuscité » ? Pour 2 raisons.
La première. Pierre, issu du judaïsme et s’adressant à des juifs et aussi des païens, veut montrer l’accomplissement des Écritures.
« Seigneur (Kyrios) est le terme par lequel, dans la traduction grecque de l’ancien testament est rendu le nom de « Yahvé ». C’est un titre proprement divin. Tout au long de sa vie Jésus a manifesté da souveraineté divine sur la nature, la maladie, les démons ». A fortiori, ce titre de Seigneur convient pour la résurrection…. Christ, 2e titre, est la traduction grecque du mot hébreu Messie qui signifie ‘’Celui qui a reçu l’onction’’. C’est le cas des rois, mais aussi des prêtres et des prophètes. Ce devait être le cas du ‘’Messie’’ », descendant de David….Dès sa naissance les anges attestent : ‘’Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur’’. Cette consécration messianique a été manifestée au baptême de Jésus ». Mais pour que le titre de Messie ne soit pas interprété au niveau politique du descendant du Roi de David, Jésus s’est manifesté en même temps comme Serviteur. « La résurrection apporte la réponse définitive à la question de l’identité messianique de Jésus ». Jésus est Seigneur, Jésus est Messie, sous les traits du serviteur. C’est ainsi qu’il déploie son identité de Fils de Dieu. Dans l’ancien testament, cette expression avait un sens assez général. Dans le nouveau testament, par exemple dans la bouche de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », cela désigne la relation unique de jésus avec son Père. « Le père aime le fils ». « Le Père et moi, nous sommes un ». « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié ». La résurrection confirme la filiation filiale de Jésus avec son Père.
Seconde raison pour laquelle St Pierre utilise ce langage :
Parce que la résurrection est tellement inouïe que les témoins de la résurrection ont multiplié les formes de langage. Pierre utilise ici le langage de la glorification, de l’exaltation, mais il aurait pu jouer avec le langage de la résurrection : réveiller, éveiller, se lever, se dresser, se mettre debout ! : « Jésus s’est levé du tombeau » ou encore le langage de la vie : « Jésus est le Vivant ». Chacun de ses 3 langages a ses richesses et ses limites. Le langage de la glorification dit la nouveauté, reconnait la préexistence divine de Jésus. Mais ne dit rien de la continuité entre le crucifié et le ressuscité. Le langage de la résurrection manifeste la continuité, mais présente le risque d’assimiler la résurrection à une réanimation, une réincarnation. Le langage de la vie ne heurte pas. Jésus était vivant. Jésus est vivant. « Vous me verrez, parce que je vis et que vous vivrez ». Mais il ne dit pas assez l’inouï de cette vie nouvelle.
Un brin d’actualisation.
Chers amis, cette petite explication biblique pose la question du langage. Comme la vie est agréable quand les mots sont justes pour aimer, pour dialoguer, pour communiquer, pour négocier la paix, pour demander pardon, pour se comprendre, pour avancer….Et nous chrétiens, quels mots utilisons-nous pour rendre compte de notre foi, et du cœur de notre foi qu’est la résurrection : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi ? ». C’est par toute notre vie que nous rendons témoignage à Dieu. Mais la parole reste importante. Cherchons les mots justes, ceux qui viennent de l’intelligence et du cœur. Le service de formation permanente du diocèse multiplie les formations, spécialement l’École du diocèse, pour nous rendre plus aptes à emprunter les mots de notre Tradition et inventer des mots, des images pour rejoindre nos contemporains. Le pape François nous a laissé avec l’exhortation Christus vivit, au sujet des jeunes (2019) des exemples de kérygmes cad de condensés de la foi à toujours annoncer, quelque soit notre avancement dans la foi : « Dieu t’aime….Dieu te sauve…Dieu est vivant…L’Esprit-Saint change la vie….Tombe amoureux de Dieu, des hommes, de la vie, demeure dans l’amour, tout sera différent »
Chers amis,
Prions le Bon Pasteur qui connait ses brebis et leur communique sa vie de Ressuscité afin que chacun vive sa vocation particulière, selon un état de vie particulier, pour répondre à sa vocation universelle à l’amour. « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ». C’était la devise de Mgr Armand Maillard, évêque de notre diocèse de 1996 à 2007.
AMEN ALLÉLUIA MARANATHA
