La liturgie nous fait vivre en ce deuxième dimanche de Pâques la première rencontre de Jésus au soir de sa résurrection avec ses disciples réunis à l’exception de Thomas ; dans la journée, Jésus s’est manifesté à plusieurs, Marie-Madeleine puis les disciples d’Emmaüs, mais aussi à Pierre.

Lorsque Thomas les a rejoints, il a entendu le témoignage enthousiaste des autres disciples mais il n’a pas voulu les croire… il a voulu voir et toucher.

Comme tous les autres, Il avait pourtant entendu Jésus annoncer sa passion, sa mort et sa résurrection, mais comme Jean nous l’a dit à la fin de l’Evangile de dimanche dernier, les disciples n’avaient pas compris, ils étaient persuadés de l’invulnérabilité de Jésus.

L’incrédulité de Thomas peut être partagée, aujourd’hui encore, par beaucoup, notamment par ceux qui exigent d’avoir des preuves irréfutables. Nous, nous n’avons que le témoignage des disciples et tout spécialement celui de Thomas.

Or, si je peux voir et toucher, je cesse de croire, je sais.

Thomas a vu, on ne sait pas s’il a osé toucher Jésus et il a su que Jésus était ressuscité, bien vivant, par contre ce qu’il a cru, c’est que Jésus était pleinement ce qu’il avait dit qu’il est, à savoir le Fils de Dieu, Dieu.

L’évangile nous rapporte que les Juifs ne se satisfaisaient des signes que Jésus faisait, c’est-à-dire les miracles, les guérisons, les exorcismes, des résurrections… et même la qualité de ses enseignements qui ne contredisaient jamais les écritures, ils en demandaient d’autres ; ils avaient un blocage parce que Jésus venait de Nazareth !

Il y a parmi nous des baptisés qui ne croient pas ou qui ne croient plus ou même qui croient autre chose que ce que l’Eglise nous donne à croire : l’Evangile ne serait qu’un conte, ils en viennent à douter et de l’existence historique de Jésus, et de sa divinité, et donc de sa résurrection… ne nous laissons pas entraîner sur ce terrain qui détruirait notre foi et notre espérance… nos aînés ne nous ont pas menti eux qui ont même accepté de mourir dans des conditions parfois atroces ; ne craignons pas les épreuves de la vie qui vérifieront la valeur, la solidité de notre foi ; suivons allègrement Jésus en mettant nos pas dans les siens en vue d’obtenir le salut de notre âme.

Vivons-le solidairement avec nos frères et sœurs en prenant modèle sur la première communauté chrétienne de Jérusalem : ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain qui est la messe dominicale et aux prières. Soyons habituellement dans l’action de grâce envers Dieu qui nous connaît tous personnellement et qui nous appelle sans cesse à nous convertir, à être parfait comme il est parfait.

Gardons en mémoire qu’il est infiniment miséricordieux, toujours disposé à nous pardonner pour qu’à la fin nous puissions entrer dans la gloire qu’il nous réserve.

Père Bernard VENOT