Les textes bibliques du 5ème dimanche du temps ordinaire, dimanche de la santé, nous montrent un Dieu qui appelle tous les hommes pour être ses messagers. Il s’est adressé à Isaïe qui n’avait que 20 ans et lui pose cette question : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et Isaïe a répondu : « Me voici, envoie-moi ! » C’est ainsi qu’Isaïe est devenu prophète du Seigneur auprès de son peuple.

               « Qui enverrai-je ? »  C’est aussi cette question qui a interpellé les acteurs de la Pastorale de la santé. Chacun, à sa manière, s’efforce de vivre au quotidien la Parole du Christ : « J’étais malade et vous m’avez visité ». Cette journée nous donne l’occasion de mettre à l’honneur tous les soignants et toutes les personnes qui sont au contact des personnes malades, à domicile, dans les hôpitaux, en maison de retraite, au Service Évangélique des malades.

               Ce service auprès des plus fragiles n’est pas l’affaire de quelques uns. Il nous concerne tous. Nous sommes tous appelés et envoyés . Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de saint Paul. Ce qui fait de lui un apôtre du Christ, ce n’est pas d’abord ses qualités d’orateur ni ses voyages missionnaires, ni son souci des pauvres et des opprimés.

               Le vrai point de départ a été sa rencontre  avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas : « Je suis celui que tu persécutes ». Le Christ l’a appelé à le suivre, lui-même nous dit : « c’est par la grâce de Dieu que je suis qui je suis ». Nous aussi, nous sommes le fruit de cette grâce aussi bien par nos qualités humaines que par la foi que nous avons reçue. Le Christ est toujours avec nous ; comme Paul et bien d’autres, nous avons la responsabilité de transmettre ce que nous avons reçu.

               L’Évangile nous parle de l’appel des premiers disciples. Pressé par le foule, Jésus a besoin d’être aidé. C’est important, car il faut que le filet de la Parole atteigne tous les hommes. Cette aide, il va la demander aux pêcheurs qui ont mis leurs barques à sa disposition. Il va d’abord les inviter à avancer au large et à jeter leurs filets pour prendre du poisson ; Simon qui avait peiné toute la nuit sans rien prendre, répond en toute confiance à l’invitation du Maître : « Sur ta parole, je vais jeter les filets » et le résultat est inespéré. Il doit demander à ses compagnons de l’autre barque de venir l’aider. La pêche miraculeuse nous permet de comprendre que Dieu peut se manifester à nous dans l’ordinaire des jours, dans nos activités les plus banales.                     

                 Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à avancer au large. En ce jour, il nous envoie spécialement vers les plus fragiles. Le regard de la foi nous apprend à le reconnaître quand nous sommes réunis en son nom. Il est également présent au cœur de ce monde à travers les chrétiens qui s’engagent pour répondre à son appel, des catéchistes et des animateurs d’enfants et de jeunes ; des équipes s’organisent pour visiter les personnes malades ou en maison de retraite, d’autres accompagnent les familles en deuil. A  travers tous ces gestes de solidarité et bien d’autres, c’est le Seigneur ressuscité qui se manifeste à nous : il compte sur nous pour que, à notre tour, nous devenions des apôtres. A travers nous, c’est le Seigneur qui agit, car il veut que tous les hommes soient sauvés.

                       A la suite de Pierre et des apôtres, nous sommes tous appelés et envoyés pour être pécheurs d’hommes. Nous ne devons jamais oublier que si nous délaissons la prière et les sacrements, nos efforts resteront sans valeur : on va peiner des jours et des jours pour rien. Le Christ nous invite à nous raccrocher à lui et à accueillir la nourriture qu’il nous propose pour nourrir notre foi, notre espérance et notre amour. Il nous assure de sa présence tous les jours et jusqu’à la fin de notre vie. Prions et accueillons en cette eucharistie l’Esprit Saint pour qu’il nous donne la force de conformer notre vie à la Parole de Jésus Christ, Lui qui a été envoyé pour les pécheurs comme pour les justes. AMEN.

Père Jean-Claude DUCLOS