C’est après avoir nourri une foule nombreuse – cinq mille hommes environ – avec cinq pains d’orge et deux poissons qu’un jeune garçon avait dans sa musette que Jésus a révélé, le lendemain, ce mystère que ses auditeurs n’ont pas vraiment compris.

Le soir, Jésus avait renvoyé ses disciples pour qu’ils se rendent à Capharnaüm, mais un vent contraire s’était levé et ils étaient quasiment à l’arrêt… Jésus les avait rejoints en marchant sur la mer… et sans qu’ils comprennent ce qui s’est passé, leur bateau était arrivé là où devaient se rendre.

Une partie de ceux qui avaient vu ce que Jésus avait fait était donc parti à sa recherche et ils l’ont retrouvé à la synagogue de Capharnaüm ; il en a résulté un dialogue qu’il faudrait lire en entier, arrêtons-nous à ce que Jésus nous dit ici dans l’extrait retenu.

« Je suis le pain vivant descendu du ciel »… cela fait référence à la manne dont les hébreux ont été nourris depuis la sortie d’Egypte jusqu’à l’installation au pays de Canaan, le pays promis à Abraham pour sa descendance. Jésus précise encore :

« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde » et là, il n’y a pas de référence dans l’Ancien Testament. Et Jésus continue :

« Si vous ne mangez par la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, nous n’avez pas la vie en vous »

La nourriture que nous prenons chaque jour a pour fin de nous maintenir en vie.

C’est le baptême qui nous fait naître à la vie divine, la vie d’enfant de Dieu ; c’est donc cette vie qu’il faut conserver.

Pour cela, nous avons deux moyens complémentaires : la Parole et la Communion qui sont comme deux tables auxquelles nous prenons place successivement ; ici nous nous intéressons à la deuxième avec ce que Jésus nous dit encore :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui ». Par la communion nous sommes établis dans l’intimité de notre Dieu.

Jésus ajoute : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi ».

Beaucoup de ceux qui ont écouté Jésus ont été scandalisés, s’imaginant qu’ils allaient devoir “passer à l’acte”… ils ont donc laissé tomber en pensant que Jésus avait perdu l’esprit…

La suite, car il y a eu une suite, nous l’avons rappelé le jeudi saint avec l’institution du sacrement de l’Eucharistie quand Jésus a pris du pain et dit « ceci est mon corps » puis une coupe de vin et dit « ceci est mon sang » puis demandé à ses Apôtres de refaire cela.

Depuis deux mille ans, le geste de Jésus, annoncé à l’avance après la multiplication des pains, est repris dans le cadre d’une célébration qui fait aussi référence à l’acte d’amour parfait de Jésus qui a offert sa vie pour que nous vivions par lui, avec lui et en lui.

Père Bernard VENOT