En ce cinquième dimanche de Carême, nous entrons dans la phase finale de l’itinéraire du Carême. C’est en fait le dernier dimanche du Carême, car dimanche prochain sera déjà celui des Rameaux et de la Passion : début de la semaine sainte qui culmine avec le Triduum pascal.

            Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, nous sommes invités ce matin à méditer sur l’épisode de la femme adultère. Notons d’abord que le Seigneur Jésus, avant de se rendre au Temple, vient du mont des Oliviers, lieu où il se retirait très souvent pour prier, pour consacrer du temps à son Père qui l’a envoyé dans le monde. Et nous, quel temps consacrons-nous au Seigneur dans notre vie ?  Avons-nous fixé des moments où nous nous retirons dans notre chambre intérieure pour entrer en dialogue avec Lui ? De toutes manières, celui de qui nous nous réclamons comme étant ses disciples le faisait et avec une régularité et une fidélité sans pareil.

            Dans l’Évangile selon saint Jean nous retrouvons les scribes et les pharisiens, « les bien-pensants », scandalisés des fréquentations de Jésus et ils cherchent à le confondre en lui amenant une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Pourquoi n’amènent-ils que la femme ? Le complice de son péché tombe, lui aussi, sous le coup de la loi de Moïse. Mais c’est plus facile de s’attaquer au plus faible… surtout quand l’intention n’est pas très pure ! Ce n’est pas le souci de la gloire de Dieu qui les anime : ils voulaient te mettre à l’épreuve afin de pouvoir t’accuser, Seigneur… La même tentation nous guette parfois, préserve-nous d’utiliser la parole de Dieu pour servir notre orgueil ou pour accuser les autres.

            « Jésus s’était baissé et, du doigt, traçait des traits sur le sol… » Qu’écrivais-tu ? Rien sans doute… Tout simplement, peut-être, tu voulais faire comprendre à ces accusateurs que leurs propos ne t’intéressaient pas… Ou bien aurais-tu tracé le nom de quelque prophète Osée ou Jérémie par exemple, qui avaient qualifié d’« adultère » le peuple élu quand il s’éloignait de Dieu pour aller vers les idoles ? Oui, cette femme était l’image de l’humanité entière que tu venais délivrer de ses idoles pour la ramener à Dieu, l’Époux divin oublié, rejeté… Cette femme était l’image des scribes et des pharisiens qui la condamnaient, sans voir qu’ils étaient, eux aussi, adultères selon le mot des prophètes : à l’amour de Dieu, ils préféraient leur orgueil, leur hostilité envers toi…

              « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ! » Contrairement à ses interlocuteurs qui se cantonnent dans une application stricte de La loi de Moîse, Jésus voit la situation avec un autre regard qui est celui de la miséricorde, Lui qui a dit à ses disciples « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». Jésus sait, bien sûr, qu’elle a péché. Il s’intéresse non seulement à la punition, mais à la personne qui est devant lui et à sa capacité de faire face à sa situation. C’est ce qui explique sa réponse : « Je ne te condamne pas ». Aujourd’hui, c’est à moi que tu t’adresses. C’est si facile d’être exigeant pour les autres, plus que pour soi ! Donne-moi de t’écouter, Seigneur, Donne-moi de te ressembler.

              La mission de Jésus, c’est d’être le messager de l’amour de Dieu qui sauve et qui pardonne. Son attitude d’accueil et de respect ne l’empêche pas d’inciter la personne à se prendre en main, à se convertir. Il le dit explicitement à la femme : « Va et désormais ne pèche plus ! ». Quelle joie pour la pauvre femme d’entendre ces mots ! Mais que de fois, moi aussi, je les ai entendus ! Merci, Seigneur pour tous les pardons reçus. Et fais que je sois, à ton exemple, semeur de paix, de réconfort, de nouveau départ pour ceux qui faiblissent ou qui tombent. Amen.

Père Jean-Claude DUCLOS