En ce 29ème dimanche du Temps ordinaire, nous clôturons la semaine missionnaire mondiale et les textes de ce jour nous invitent à persévérer dans la foi et dans la prière.

              La première lecture du Livre de l’Exode nous affirme qu’avec la prière, nous pouvons gagner nos batailles et triompher de nos ennemis. Il est clair que la victoire sur Amalek n’est pas due à l’épée de Josué, mais à la prière de Moïse. Ce n’est pas ici une invitation à demander à Dieu la force de tuer nos ennemis, mais une invitation à affronter et à gagner les batailles spirituelles auxquelles nous devons faire face en tant que croyants.

              Le texte a un message théologique : il nous enseigne que celui qui veut atteindre des objectifs qui dépassent ses propres forces, doit prier sans cesse. Certains  résultats ne peuvent être atteints que par la prière. Les ennemis que nous sommes appelés à affronter sont l’ambition, la haine et les passions désordonnées. Sans prière, ces ennemis prendront le dessus sur nous.

              En criant vers Dieu, nous devons d’abord humblement crier notre pauvreté, notre impuissance. Ce cri devient prière parce qu’il nous amène à nous confier à un Autre, le Seigneur. C’est l’humilité du pécheur devant la miséricorde de Dieu. C’est la simplicité de l’enfant entre les bras ouverts du Père plein de tendresse. Dans le livre de l’Exode, Moïse qui est conscient de cela, va lever les mains vers le Seigneur. Il sera soutenu par Aaron et Hour.

              Notre impuissance nous oblige à ne pas nous limiter à la prière personnelle, sans toutefois la négliger. Notre impuissance nous oblige à participer à la prière communautaire. C’est ensemble, en nous soutenant les uns les autres, que nous chrétiens, nous sommes appelés à lever les mains vers le ciel pour implorer la justice de Dieu. C’est pourquoi l’Eucharistie a toujours été privilégiée par les chrétiens. A l’Eucharistie, le jour du Seigneur, nous sommes réunis « en Eglise » pour écouter ce que Dieu veut nous dire et recevoir la force de retourner dans nos familles pour affronter toutes les éventualités qui se présentent à nous.

              Dans l’évangile de ce jour, Jésus dit à ses disciples une parabole sur la nécessité  pour eux de toujours prier sans se décourager. C’est l’histoire d’une pauvre veuve complétement démunie, qui a des démêlées avec la justice. Mais le juge qu’elle va rencontrer reste sourd à sa demande. Nous connaissons cela quand l’administration ne veut rien entendre, c’est vraiment difficile d’obtenir gain de cause. A force d’être harcelé, le juge a répondu à sa demande n’en pouvant plus d’entendre ses supplications répétées.

              Jésus nous raconte cette parabole pour nous parler de Dieu : dans notre monde, un mauvais juge arrive à faire droit à une plaignante ; à plus forte raison, Dieu qui est Père, ne peut que rester attentif à toutes nos demandes. Il écoute toujours  avec amour quoique nous lui demandons ; il est un Père qui aime chacun de ses enfants et qui ne veut que leur bonheur. Examinons avec le Seigneur nos pensés, nos sentiments, nos réactions et nos plans en utilisant les Ecritures. Nous ne devons pas tant prier pour que Dieu fasse ce que nous lui demandons maintenant, mais pour que notre foi ne s’éteigne pas et que la dernière question de Jésus : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » ait une réponse positive.

                  Pour cette journée de prière et d’engagement pour la mission universelle de l’Eglise, le Pape François nous a laissé son message qui « rappelle à chaque chrétien et à l’Eglise, communauté de baptisés, la vocation fondamentale d’être, à la suite du Christ, des messagers et des bâtisseurs d’espérance ». L’Espérance grandit, se nourrit et se renouvelle dans la prière, surtout celle faite avec la Parole de Dieu et particulièrement avec les Psaumes qui sont une grande symphonie de prière dont le compositeur est l’Esprit Saint.

                  Après nous être nourris nous-mêmes, la Parole de Dieu doit être utilisée pour nourrir les autres. Pour cela, saint Paul dit à Timothée « Proclame la Parole ; interviens à tout moment, dénonce, redresse, encourage, avec beaucoup de patience et en instruisant ». La Parole ne transmet pas seulement la connaissance, mais a le pouvoir de donner la sagesse qui conduit au salut !

                  Oh ! Comme ils manquent à nos journées les temps de prière, les minutes que nous devrions simplement offrir au Seigneur pour crier vers Lui, pour nous remettre entre ses mains et contre son cœur. Par notre prière, nous sommes missionnaires dès le début. AMEN.

Père Jean-Claude Duclos