Le pouvoir qu’exerçait Hérode n’avait, pour les Juifs, aucune légitimité car il n’était pas un descendant de David, aussi, quand il a reçu la visite des mages venus d’orient qui lui ont demandé : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » il a pu être inquiet… il s’est senti menacé, il avait quelque peu raison de l’être mais il ne savait pas que le Royaume de cet enfant-roi n’est pas de ce monde.

Il a donc consulté les grands prêtres et les scribes, les docteurs de la Loi pour connaître l’endroit où l’enfant était né afin de pouvoir donner une réponse aux mages qui lui demandaient où ils pourraient se rendre pour adorer l’enfant.

Le prophète Michée avait désigné Bethléem qui est précisément le lieu d’où David était originaire.

Hérode ne pouvait pas agir avant que les mages ne soient allés se prosterner devant l’enfant mais il pensait déjà à le faire supprimer pour préserver son trône, un trône qu’il n’a pas occupé très longtemps après cela puisqu’il est mort en -4.

On sait ce qu’il a fait ensuite à cause des mages qui n’étaient pas revenus le renseigner, il a fait massacrer les enfants de Bethléem et des environs.

Les mages avaient été avertis de cette naissance car, disaient-ils, nous avons vu son étoile à l’orient, une étoile qui, au sortir de Jérusalem, les a conduits à l’endroit où se trouvait alors la Sainte Famille et ils ont offert les présents qu’ils avaient apportés : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Ils ont préfiguré la foule de ceux qui se sont mis en route, avertis non pas par une étoile mais par l’annonce de l’Évangile, commencée dès le jour de la Pentecôte.

C’est ce que le prophète Isaïe avait entrevu quand il nous dit à propos de Jérusalem : « Sur toi se lève le Seigneur… les nations marcheront vers ta lumière… tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi »

Il ne s’agit pas ici seulement de la ville de Jérusalem mais de ce qu’elle représente puisqu’elle était le lieu où Dieu avait établi sa demeure, mais ce rôle-phare n’est plus puisque le temple a été détruit en 70, à sa place, il y a Jésus Christ qui, en tant d’homme né de la Vierge Marie, il est le temple de Dieu que les chefs du peuple ont voulu détruire et qui a été relevé le troisième jour.

En cette solennité de l’Épiphanie, accueillons le mystère de la foi, la Bonne Nouvelle du salut offert à tous par l’annonce de l’Évangile et engageons-nous, non pas à offrir au Seigneur de l’or, de l’encens et de la myrrhe, mais nous-mêmes dans un élan d’amour.

Père Bernard VENOT