Les peuples antiques ont tous été polythéistes ; les grecs et les latins croyaient à la mythologie, c’est-à-dire que leurs dieux vivaient de façon semblable aux hommes.

Le peuple d’Israël a été monothéiste, sa foi a dérivé de l’appel qu’Abraham a reçu lorsqu’il se trouvait avec toute sa parenté au nord de la Mésopotamie où ils avaient migré depuis Ur en Chaldée, c’est la Babylonie où les Judéens seront exilés au 6ème siècle. Yahvé s’est révélé comme le Dieu unique, il a même dit son nom à Moïse qui le lui demandait : « Je suis celui qui suis », celui qui existe depuis toujours et pour toujours.

Le peuple d’Israël n’a pas été totalement fidèle aux promesses faites à Dieu au Sinaï après la sortie d’Egypte, il s’est détourné de Dieu qui a suscité des juges puis des prophètes pour se rappeler à leur souvenir et restaurer l’alliance.

Les juifs d’aujourd’hui, du moins ceux qui n’ont pas fait profession d’athéisme, car il y en a, croient toujours qu’il n’y a qu’un seul Dieu, le Dieu de l’Alliance.

Leurs aînés, il y a deux mille ans n’ont pas reçu le témoignage de Jésus. Ils attendaient un Messie, un libérateur qui restaurerait la royauté en Israël car elle avait été suspendue à la fin du 6ème siècle alors même que le Seigneur avait assuré à David que la Royauté n’échappera pas à sa descendance. Jésus a pris ses distances avec cette espérance et il a avoué que son royaume n’est pas de ce monde ; il a déclaré aussi « Avant qu’Abraham fût, je Suis » ; il s’est placé à égalité avec Dieu en disant : le Père et moi, nous sommes UN. C’est ce que saint Jean a écrit dans le prologue de son Evangile : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » ; le Verbe, c’est la parole par laquelle Dieu a créé et organisé tout ce qui existe. Saint Jean a ajouté pour dissiper tout malentendu : le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.

Dans ses paroles d’adieu prononcées au cours de dernière Cène, Jésus a annoncé à la fois son départ et la venue du saint Esprit pour accompagner son Eglise jusqu’à la fin, et il a donné cette précision : l’Esprit Saint procède du Père.

Ainsi le mystère de Dieu est-il pleinement exprimé : Dieu est un seul Dieu comme le professent les Juifs mais il est aussi trois Personnes qui agissent à la fois ensemble puisqu’ils sont indissociables et chacun de façon spécifique :

Au Père, on attribue l’opération de création mais c’est par sa Parole qu’il a créé ex nihilo (à partir de rien) dans un acte de volonté pure et sa Parole n’est autre que le Fils.

Au Fils, on attribue l’opération de rédemption car il s’est porté volontaire pour descendre du ciel et s’offrir à la fois comme victime innocente et comme grand prêtre afin de sauver les hommes. Mais s’il donne à tous les hommes la possibilité d’être sauvé, il attend aussi de la part des hommes, de notre part, de croire en lui.

Au Saint Esprit, on attribue l’opération de sanctification, car il a été envoyé pour continuer l’œuvre commencée par le Fils et nous permettre d’avancer en mettant nos pas dans les pas de notre Sauveur et ainsi d’atteindre la perfection relative sans laquelle la porte du Royaume pourrait ne pas s’ouvrir.

Ce qui caractérise Dieu, c’est qu’il est une communion de Personnes qui partagent le même amour. Et parce que Dieu nous a faits à son image, il y a en nous une capacité d’aimer qui est trop souvent altérée par notre égoïsme, conséquence du premier péché. Avec l’aide du Saint Esprit éradiquons le mal pour que le bien s’épanouisse.

Père Bernard VENOT