La parabole de l’enfant prodigue est la réponse que Jésus a faite à ceux qui récriminaient contre lui parce que, non seulement il ne repoussait pas les publicains et les pécheurs mais encore, il osait les fréquenter jusqu’à partager un repas avec eux.

Dans la parabole, nous voyons d’abord le fils cadet qui demande à son père de recevoir à l’avance la part d’héritage qui lui revient, nous pouvons même dire qu’il l’exige pour pouvoir vivre sa vie à sa convenance.

Le père ne refuse pas de la lui donner parce qu’il veut lui laisser sa liberté.

Nous voyons ensuite ce que le fils a fait de son héritage, il a tout dilapidé en quelques temps jusqu’à se trouver dans le besoin et à devoir travailler à garder des porcs, ce qui l’a amené à se remémorer la situation des ouvriers qui travaillaient pour son père et à les envier, il a donc pris le chemin du retour sans même penser à retrouver sa condition de fils.

Nous pouvons lire cette parabole de différentes façons, la première concerne directement les interlocuteurs de Jésus : le fils cadet représente les publicains et les pécheurs qui se sont éloignés d’une pratique stricte de la Loi de Moïse… le père, lui, représente Dieu qui n’empêche personne de faire ses proches choix, même s’il sait qu’ils leur seront nuisibles par la suite.

Les publicains et les pécheurs, ou du moins certains d’entre eux avaient plaisir à écouter Jésus parce que justement, il leur rappelait à quel point Dieu est bon et il suscitait en eux un désir de conversion, qui était un peu entravé par l’attitude rigoriste des scribes et des pharisiens.

Cette parabole, il faut aussi l’appliquer à nous-mêmes, qui faisons parfois des choix contraires aux prescriptions de l’Évangile, Dieu ne nous empêche pas de les faire mais il dépose dans notre âme une grâce de conversion qui éveillera le désir de revenir vers lui et nous réconcilier… cette grâce mettra peut-être du temps avant de produire un effet, mais Dieu est patient et nous devons nous réjouir, par exemple, de ces nombreuses demandes de baptêmes d’adultes.

En agissant ainsi, nous ne ferons pas comme le fils aîné de la parabole que le retour de son frère a d’autant plus heurté que le père l’a accueilli comme un prince et l’a rétabli dans la dignité de fils qu’il avait perdue.

Nous tenons tous un peu de chacun des fils, d’une part nous aspirons à plus de liberté personnelle et nous péchons et d’autre part nous jugeons négativement ceux qui se comportent mal. Or ce que nous devons faire, c’est conformer notre vie de plus en plus et de mieux en mieux aux enseignements de l’Évangile et nous réjouir que des pécheurs viennent ou reviennent vers Dieu qui un Père infiniment miséricordieux.

Le Seigneur ne cesse pas de nous tendre la main, de nous appeler pour que nous l’aimions de tout notre cœur et pour que nous nous aimions les uns les autres comme le Christ l’a fait.

Père Bernard VENOT