28 Janvier 2024 : 4ème Dimanche ordinaire « B »

27 janvier 2024

               Frères et sœurs, nous avons entendu dans la première lecture, celle du Deutéronome, la réclamation du peuple d’Israël : « Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ». De fait, dans le premier Testament, le peuple ne pouvait pas approcher Dieu sans mourir. Il ne pouvait pas voir Dieu face à face sans mourir. Il devait se contenter d’un feu qui brille, d’une nuée qui éclaire. Maintenant le peuple veut voir son Dieu.

               Le Seigneur comprend le désir de son peuple et voilà ce qu’il répond à Moïse : « ils ont bien fait de dire cela. Je ferai lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai dans sa bouche mes paroles et il leur dira tout ce que je leur prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même, je lui en demanderai compte. ». Frères et sœurs, Dieu notre Père a accompli cette promesse, ce prophète, c’est en Jésus-Christ. Désormais nous pouvons nous approcher de Dieu : un homme comme nous qui est né comme nous, qui a grandi et qui a vécu comme nous, qui est venu habiter chez nous pour que l’homme entre en communion d’amour avec Dieu, par Jésus-Christ, notre Frère, notre Seigneur et notre Dieu.

                Jésus ne monte pas au Temple de Jérusalem pour commencer sa mission. Mais il préfère le secteur des pauvres, la périphérie, un petit village, un village de pécheurs Capharnaüm où habitent Pierre et André, Jésus est venu y habiter. Jésus est fasciné par la simplicité du village, mais il ose aller dans un village reconnu par son inclination au péché. Et la conséquence de vivre dans le péché, c’est de demeurer dans le royaume de Satan, sous son pouvoir et d’être enchaîné. Jésus va donc précisément à Capharnaüm et il entre dans la Synagogue et se met à parler.

                Pendant que Jésus parle, l’esprit mauvais ne se sent plus chez lui, dans ce pays où l’on s’était habitué à une certaine vie. Dans ma vie, quand la Parole de Dieu est absente, Satan va s’installer et sans trop m’en rendre compte, je le laisse s’établir en moi.  Dès que Jésus se met à expliquer la Parole de Dieu, le diable se manifeste et se sent menacé : il reconnaît la force de celui qui a commenté la Parole de Dieu : « tu es le saint de Dieu » dit le diable et Jésus le chasse de l’homme dans lequel il s’était installé. Jésus parle avec autorité. Cette autorité vient du fond de lui-même, de sa relation avec son Père, de son amour pour les hommes. Sa parole est telle qu’en lui, il n’y a pas de décalage entre le dire, le faire, le vouloir et l’être. Avec Jésus, un acte suit immédiatement son enseignement. Il dit au démon : « Tais-toi, sors de cet homme » et le démon sort de l’homme. Jésus libère l’homme aux prises avec un mauvais esprit et le rend à lui-même autorisant ainsi tout homme à vivre, à devenir auteur de sa vie.

               Frères et sœurs, si chaque jour nous prenons un petit quart d’heure avec la Parole de Dieu, c’est cela qui se produira en nous. Lorsque nous ouvrons l’Évangile, ne cherchons pas à apprendre des choses nouvelles, mais à écouter celui qui est Dieu, notre Seigneur Jésus, c’est Lui qui peut, par son Esprit, l’Esprit Saint, ouvrir nos yeux, ouvrir nos cœurs, nous libérer du mal qui est en nous. Mettons-nous d’abord en sa présence, lisons doucement pour bien écouter et laissons-nous saisir au plus profond de nous-même par ce grand mystère de sa présence et de sa Parole.

               C’est par la lecture et l’écoute assidues personnelles et communautaires de la Parole de Dieu que la lumière de Dieu nous aidera à nous débarrasser des esprits réels ou fictifs qui ont pris le pouvoir en nous et nous tirent vers le bas, et à permettre alors à chacun et à chacune de grandir en déployant une singularité qui sera précieuse pour tous. N’ayons pas peur de Dieu, car il vient nous apporter sa présence et son amour. Il veut faire pour nous chaque jour ce qu’il a fait pour cet homme qui était possédé et dont il a fait sortir le démon. En cette Eucharistie, faisons confiance à l’Esprit Saint qui nous fera retenir telle parole… et nous enseignera comment la mettre en pratique. AMEN.

Père Jean-Claude DUCLOS