Si saint Luc n’a pas fait partie des proches de Jésus, il a cependant été un compagnon fidèle de saint Paul ; on lui doit un récit très complet en deux parties de tout ce qui s’est passé depuis l’annonce de la naissance de Jean Baptiste jusqu’à la fin de saint Paul à Rome sans rien nous dire de sa mort

Saint Luc adresse son récit à un certain Théophile qui peut être une personne physique ou bien toute personne qui en prendra connaissance car le nom Théophile signifie « Celui qui aime Dieu » ce qui est normalement le cas de tout chrétien.

La liturgie a fait le choix de laisser de côté les récits de l’enfance que nous lisons plutôt dans le temps de Noël pour aborder le commencement de la vie publique de Jésus, son ministère en Galilée, après son baptême et l’épreuve de la tentation au désert.

Nous le voyons donc dans la synagogue de Nazareth qu’il avait fréquentée pendant de nombreuses années ; il se lève, reçoit livre d’Isaïe, trouve un passage dont il fait la lecture avant d’en donner un commentaire succinct mais essentiel : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ».

Il y est en effet question de ce qu’a été la mission de Jésus : l’Esprit du Seigneur est sur moi, c’est une allusion au baptême qu’il a reçu par Jean le Baptiste ; il m’a envoyé porter la bonne nouvelle…  et la proximité du Royaume des Cieux qui était encore hors de portée à cause du premier péché…

Cette scène nous renvoie à ce qui s’était passé au retour de l’Exil à Babylone, ce dont nous parle la première lecture : le peuple avait besoin de se retrouver pour que l’Alliance du Sinaï puisse être restaurée. Les Israélites n’avaient sans doute pas tout oublié mais il n’était pas inutile de rafraichir leur mémoire à partir du texte de la Loi lui-même ; par contre comme ils ne parlaient plus ou ils ne maîtrisaient plus suffisamment la langue hébraïque, il a fallu le travail de traduction par les lévites. C’était donc une fête qu’il fallait célébrer dans la joie !

Cette joie, nous devons aussi la recevoir car elle est celle du Seigneur lui-même qui nous la partage, elle exprime notre reconnaissance envers Dieu qui nous a associés à l’héritage de la vie éternelle en tant que membres actifs de l’Église qui est le Corps mystique du Christ.

Père Bernard Venot