L’évangile de ce 21ème dimanche du temps ordinaire, et même la première lecture, est centrée sur le choix libre et ferme pour suivre et servir le Seigneur. En effet, Josué et les siens ont choisi de « servir le Seigneur », et dans la foulée, le peuple professe sa foi au Dieu  qui les a délivrés de l’esclavage. Alors que de nombreux disciples quittent Jésus, Simon-Pierre affirme au nom des Douze sa foi en Jésus, « Le Saint de Dieu ».

C’est au terme de la longue marche qui l’avait conduit en Terre promise que le peuple fut interrogé sur sa foi et son Dieu, comme le rapporte la première lecture du livre de Josué. Cet épisode conclut la mission de Josué qui était le successeur de Moïse et qui dirigeait l’installation en Terre promise. Rappelant toute l’action de Dieu en faveur de son peuple, depuis l’appel d’Abraham, la sortie d’Egypte et la traversée du désert, jusqu’à l’occupation d’un nouveau pays, Josué provoque alors le peuple à déclarer sa foi. Le peuple répond en reconnaissant les actions de Dieu et en choisissant de le servir.

On peut faire ainsi le lien avec l’évangile où st Jean rapporte les réactions des auditeurs du discours sur le pain de Vie quand Jésus se révèle comme nourriture. Une scission se produit dans le groupe des disciples, le plus grand nombre se retire et cesse de suivre le Maître. Les Douze au contraire, par la bouche de Pierre, confessent leur foi : « Seigneur, à qui irions-nous ? ». La foi est essentiellement attachement à la personne du Christ.

La question posée par Jésus : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » n’est pas inspirée par la méfiance. Cette question a pour but d’éveiller un engagement plus personnel et plus décidé. « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Cette confession de foi des apôtres est un modèle. C’est à la même démarche que, aujourd’hui, nous sommes invités. Être chrétien, c’est reconnaître effectivement Jésus comme l’envoyé de Dieu, nous communiquant, par son agir et ses paroles, le bien suprême de la vie.

La question peut aussi nous surprendre et en même temps nous rassurer. Nous surprendre par sa radicalité et nous rassurer par sa grande liberté. Jésus n’oblige pas les disciples à le suivre. Tout simplement parce que pour suivre quelqu’un, nous devons tout d’abord l’aimer. Et nous ne pouvons pas aimer sous la contrainte. Personne ne peut aimer par  obligation. Le privilège le plus important et lié à l’amour, c’est la liberté. La liberté comprise comme cette capacité que nous avons de choisir ce qui est bon, ce qui est vrai et ce qui est juste et d’assumer ses choix. Et c’est bien cela à quoi le Christ invite les disciples ; pas seulement de choisir, mais d’être capables de voir la radicalité et l’exigence de l’amour. Celle-ci se traduisant par des actes concrets dans notre vie quotidienne.

Nous ne sommes pas parfaits, mais nous sommes des personnes qui tentent d’aimer et de faire de notre mieux, et le Christ a pour nous des paroles de vie éternelle. Ces paroles qui nous disent ce qui doit nous porter : c’est cette foi qui nous dit que nous avons un Dieu qui marche avec nous et pour cela, nous avons besoin de reconnaître que Dieu est notre Dieu. Choisir librement de quel côté voulons-nous être. Et nous laisser porter, enseigner, aimer, grandir par ce Dieu qui est capable de changer notre regard sur le monde et notre vie.

« Voulez-vous partir vous aussi ? » C’est une invitation à renouveler notre propre foi, à renouveler notre choix pour le Christ. Une invitation à entrer dans la dynamique de l’amour qui transforme et donne vie. C’est une invitation à nous mettre sous la protection de Dieu comprise comme une présence réelle, véritable, et pas comme un tour de magie qui nous éloignerait toute difficulté, et être capable de l’aimer jusqu’au bout ! A l’exemple de cet amour radical auquel saint Paul invite les époux.

Le Seigneur est là et il nous aide à avancer sur notre chemin de foi. Il connaît nos limites, nos fragilités, il connaît nos fatigues et nos doutes, mais il désire seulement être là, faire partie de notre vie. Il désire seulement que nous lui donnions ce qui lui a été promis à notre baptême : notre vie et notre cœur. Que nous puissions professer, comme Pierre, notre foi et lui dire « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Quant à nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu ! AMEN.

Père Jean-Claude DUCLOS