Nous célébrons aujourd’hui le dernier dimanche de l’Avent. Dans quelques jours, nous allons revivre les festivités de Noël. Mais que signifie pour nous que le Christ soit venu dans notre monde ? Sommes-nous disposés à choisir et à accueillir ce Dieu-avec-nous ? Les lectures de ce dimanche nous présentent l’expérience du roi Acaz et celle de Joseph.
Dans la première lecture du prophète Isaïe, nous avons le récit d’une annonciation. Le peuple d’Israël, au IVème siècle avant Jésus-Christ, était menacé d’invasion par des royaumes voisins. Le jeune roi Acaz en avait une grande responsabilité. C’était une question de foi : faut-il compter sur le Dieu de l’Alliance ou sur les dieux païens ? Pris de panique, le roi Acaz offre des sacrifices aux idoles et abandonne le vrai Dieu ; c’est au roi d’Assyrie désormais qu’il a juré fidélité.
C’est alors que vient la prophétie d’Isaïe pour inviter le roi à revenir au Dieu qui sauve : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous ». Que nous inspirent ces paroles d’Isaïe ? Face à nos problèmes et à nos difficultés, nous nous réfugions dans des solutions faciles au lieu de prendre avec courage le chemin du discernement et de l’écoute de la voix du Seigneur qui résonne dans nos cœurs. Dieu nous accompagne toujours même dans les moments difficiles de notre vie.
Et une des situations difficiles est bien celle que rencontre Joseph. Joseph aimait Marie, mais épouser une femme enceinte mystérieusement, ce n’est pas facile. Déjà pour soi, mais quel regard les autres porteront-ils sur lui ! Cela renvoie à beaucoup de situations très humaines que nous avons pu vivre. Joseph, lui, ne se fâche pas, ne fait pas de reproches ; il se fait humble et décide de renoncer à son mariage discrètement.
Son attitude fait tout à fait écho au psaume que nous venons de chanter et de prier. Joseph est un « homme au cœur pur, aux mains innocentes. Il obtient du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice ». Homme de foi, il a su faire silence pour écouter la voix du Seigneur qui lui parlait. Et il s’est rendu disponible, comme Marie, à entrer dans le dessein de Dieu. Homme simple dans le sens où il accueille la vie qui vient à lui ; il va, au cours de la nuit, se convertir, c’est-à-dire faire un retournement, car il va passer de la répudiation à l’accueil de Marie, son épouse.
Mais comment cela a-t-il pu se faire ? L’Ange du Seigneur dans le songe, lui indique, ce qui est pour le moins mystérieux et incroyable, Marie est enceinte, grâce à l’Esprit Saint, d’un enfant qui sauvera le peuple de David de ses péchés. Et ces paroles vont toucher le cœur de Joseph qui traverse et accepte cette épreuve grâce à sa foi, sa foi en Dieu. Et sans douter, sans marchander, il accepte aussitôt ce qui se passe et accepte de prendre Marie comme épouse.
Dieu lui donne mission, non pas de s’effacer, mais de tenir sa place d’époux près de Marie et de veiller paternellement sur l’enfant. « Elle mettra au monde un fils auquel, tu donneras le nom de Jésus ». Marie met au monde, Joseph donne le nom de « Jésus »,c’est-à-dire Dieu Sauve. Cet acte est bien plus qu’une formalité : c’est une déclaration juridique de paternité. En nommant le fils de Marie, Joseph l’adopte légalement et, en tant que « fils de David », le greffe officiellement à la lignée messianique d’Israël. Il est le pont indispensable entre l’origine divine de l’enfant et son inscription dans l’histoire humaine.
Selon le prophète, au fils de la vierge, on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : Dieu-avec-nous. « Dieu-avec-nous », « Sauveur » et « Fils de Dieu » : telle est l’identité profonde de l’enfant de Bethléem que nous irons adorer bientôt à la crèche. Seule la foi peut discerner la vérité sur l’enfant de Noël. Ces paroles nous disent aussi la mission que Dieu confie à saint Joseph : il est appelé à être « le gardien de Marie et de Jésus ». Le Pape François ajoute que cette garde concerne aussi toute l’Église : saint Joseph est le protecteur de toute l’Église.
L’acceptation de Joseph est un modèle, pour nous, de conversion. C’est dans la prière et le recueillement que nous pourrons, nous aussi, nous ajuster à la volonté de Dieu et participer à son projet. Notre conversion ne se fera pas, sans doute, par l’Ange du Seigneur, en une nuit, mais si nous sommes prêts à accueillir Jésus, « le Dieu qui sauve », nous pouvons alors nous convertir. Puisque nous savons vers qui aller, pensons à prier saint Joseph pour qu’il nous donne la force, l’envie de nous convertir, comme lui l’a fait dans la confiance et l’abandon, chaque jour un petit peu, mais dès aujourd’hui, maintenant, dès aujourd’hui. AMEN.
Père Jean-Claude DUCLOS
