Ce sont des conseils très concrets que le Seigneur nous donne aujourd’hui et nous devons en tenir compte si nous voulons vraiment rejoindre le Royaume de Dieu.
Nous devons avoir les yeux ouverts, ce qui veut dire connaître tout ce que le Seigneur nous a enseigné dans son Évangile et le mettre en pratique jour après jour. Il y a des baptisés qui sont restés dans une grande ignorance qui n’est pas forcément de leur faute et d’autres qui ont négligé d’approfondir leurs connaissances de telle sorte qu’ils ont pu être séduits par d’autres discours. Heureusement, il y en a d’autres qui nous donnent l’exemple et que l’Église nous propose d’imiter : ceux qui mènent une vie évangélique, pas seulement les saints et les saintes qui sont au ciel, mais aussi des proches.
Nous devons aussi cesser de critiquer les autres. C’est un travers très répandu auquel nous n’échappons pas facilement justement parce qu’il est pratiqué par presque tous. Ne pas suivre leur exemple, cela suppose de faire un effort sur soi-même, de se regarder le plus objectivement possible pour éradiquer les tendances que le Seigneur lui-même a dénoncées ainsi que les Apôtres dans les lettres qu’ils ont adressées aux jeunes communautés chrétiennes. Le Seigneur nous demande de nous engager sur un chemin de perfection qui est un objectif à atteindre et il nous aide à suivre ce chemin en mettant nos pas dans les siens. C’est seulement parce que nous nous serons corrigés de nos défauts les plus flagrants qui nous pourrons aider notre prochain à se corriger à son tour, et cette aide se fera peut-être moins par des paroles que par le bon exemple.
La troisième remarque que Jésus fait rejoint ce que je viens de dire : un bon arbre ne donne pas de fruit pourri. Qu’est-ce qui peut rendre un arbre mauvais ? Je ne suis pas un connaisseur de l’arboriculture, mais il est certain qu’il y a des parasites qui peuvent s’introduire ; on en trouve une illustration dans le livre de Jonas : il s’était fâché contre Dieu qui avait renoncé à détruire la ville de Ninive dont les habitants s’était convertis et avaient fait pénitence… Jonas était sorti de la ville et il voulait voir ce qui allait se passer, il s’était abrité sous une hutte et Dieu avait fait pousser un ricin qui avait donné de l’ombre à Jonas qui s’en était réjoui. Le lendemain, Dieu a permis à un ver de piquer le ricin qui a séché sur place, l’ombre a disparu et Jonas en a été accablé. Cet histoire est une invitation à nous réjouir de la conversion des pécheurs et une leçon pour nous d’être comme un arbre bon, autrement dit à être le plus vertueux possible pour que les personnes que nous sommes amenés à rencontrer soient édifiées et de tournent vers Dieu dont la miséricorde est infinie.
C’est à sa manière ce que la première lecture nous a rappelé.
Quant à saint Paul, il nous rappelle que le ver qui peut nous corrompre, c’est le péché.
Père Bernard Venot
