Après avoir annoncé que le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges pour rendre à chacun selon sa conduite, Jésus, avec Pierre, Jacques et Jean, fait l’ascension du mont Thabor qui n’est pas à proprement parler une haute montagne mais un pic au milieu de la plaine d’Izréel à l’est de Nazareth.

Parvenus au sommet, l’aspect physique de Jésus change : son visage devient lumineux… en fait c’est son corps tout entier qui le devient et ses vêtements sont transpercés par cette lumière au point d’apparaître d’une blancheur parfaite.

Les trois disciples ont ainsi eu un aperçu de la gloire qui est le propre de Jésus mais qu’il dissimule habituellement derrière une nature humaine semblable à la nôtre.

Jésus ne nous dit pas pourquoi il n’a choisi que ces trois disciples pour être témoins de sa transfiguration, comme il ne nous dit pas pourquoi ce sont ces mêmes disciples qui assisteront, même si ce n’est pas de très près, à son agonie au jardin de Gethsémani.

La rencontre de Jésus avec ces deux personnages importants de la tradition juive que sont Moïse et Elie est aussi significative. Moïse représente la Loi car c’est à Lui que Dieu, au sommet d’une autre montagne du Sinaï, l’Horeb, a confié les tables de la Loi avec les dix paroles de vie, le décalogue ; Elie représente le courant prophétique qui a été très présent au cours de l’histoire du peuple de Dieu, il nous dit à quel point Dieu a pris soin de son peuple pour le guider jusqu’à ce moment fondamental qui n’est pas mentionné ici mais dans un autre évangile : la Rédemption que Jésus est sur le point d’accomplir, laquelle inclut la passion, la mort et la résurrection.

Pour répondre au désir de Pierre qui voulait faire du sommet du Thabor comme une sorte de sanctuaire avec trois tentes, une nuée lumineuse s’est répandue au sommet et une voix s’est fait entendre comme au jour où Jésus a été baptisé : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur, écoutez-le » ; il n’est pas difficile de comprendre l’effroi des disciples en présence de quelque chose qui les dépassait.

Tout est ensuite redevenu normal tous les quatre sont descendus pour rejoindre les autres disciples avec cette consigne de garder le silence sur ce dont ils avaient été les témoins. On peut penser que les autres disciples ont cherché à savoir ce qu’ils avaient fait au sommet du Thabor… mais ils n’ont rien dit avant que le Fils de l’homme ne ressuscite d’entre les morts.

Ils ont ensuite donné leur témoignage que nous recevons maintenant pour confirmer notre propre foi. Il est à noter que Jésus, après sa résurrection, et bien qu’il soit entré dans la gloire qu’il partage avec s Père on Père dans la communion de l’Esprit Saint, ne s’est pas manifesté sous cet aspect qui nous est décrit dans l’évangile de ce dimanche.

Quelles que soient les circonstances de la vie, gardons confiance à la manière dont Abraham a fait confiance à Dieu qu’il ne connaissait pas… Nous, par Jésus, nous le connaissons mieux car il nous a dit jusqu’à quel point il nous aime.

Père Bernard Venot