Jésus avait commencé à prêcher en invitant les gens à se repentir, à changer de comportement ; il enseignait alors dans les synagogues et il guérissait les gens de leurs maladies et de leurs infirmités ; sa notoriété n’a pas tardé à se répandre de telle sorte que des foules venaient vers lui.

L’énoncé des Béatitudes est le premier enseignement que saint Matthieu a placé au commencement de la vie publique de Jésus car il est un résumé de tout son enseignement. Il nous parle donc du bonheur.

Il y a des hommes qui vivent dans des conditions très difficiles, pour différentes raisons qu’il n’est pas nécessaire de donner ; il y en a d’autres qui vivent dans de meilleures conditions et qui ne sont pas forcément heureux parce que le vrai bonheur ne consiste pas dans les réalités terrestres.

C’est ce que la première béatitude nous apprend : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux ».

La pauvreté du cœur est à considérer en regard de la promesse qui lui est associée : celle de posséder le royaume des cieux. C’est parce que nous voulons en faire partie que nous devons renoncer à nous-même.

Un homme avait demandé à Jésus ce qu’il devait faire pour hériter de la vie éternelle, c’est-à-dire du Royaume des cieux, il ressentait au fond de lui-même un appel… dans un premier temps, Jésus lui avait recommandé de mettre en pratique les commandements de Dieu, ce que cet homme s’appliquait à faire, alors Jésus lui a proposé d’aller plus loin : « Vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et viens avec moi. » Cet homme a hésité parce qu’il était riche… il n’a pas pu aller jusque-là.

Il y a des hommes et des femmes qui l’ont fait, pas seulement saint François d’Assise ou sainte Claire mais ce renoncement aux biens matériels n’est qu’un aspect de l’invitation de Jésus qui ajoute : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive ». Le renoncement à soi-même, cela s’appelle l’humilité.

L’humilité est parfois perçue comme une faiblesse alors qu’elle est une vertu, c’est-à-dire une force. La vertu est une disposition habituelle qui nous rend bons ; à l’opposé, il y a le vice qui nous rend mauvais.

Nous pouvons être riches, et en même temps être humble. Mais à l’inverse, nous pouvons être pauvres et orgueilleux, ce qui nous rendrait inaptes à la vie éternelle.

C’est parce que nous devons entretenir en nous le désir d’être avec Dieu pour toujours dans son Royaume que nous devons faire le choix de vivre selon les enseignements de Jésus plutôt que selon notre bon plaisir, nos intérêts personnels.

Père Bernard VENOT