1er 0ctobre 2023 : 26ème Dimanche Temps ordinaire « A »

1 octobre 2023

La parabole de ce 26ème dimanche du temps ordinaire met ceux qui l’écoutent en demeure de préférer le « faire » au « dire ». En effet elle met en scène deux fils à qui leur père demande d’aller travailler à sa vigne. Le premier n’est pas emballé par cette idée : aussi, il commence par exprimer nettement son refus, mais finalement, il finit par obéir. Le second, lui, cherche à plaire à son père, il lui répond positivement le plus courtoisement du monde… mais il ne donne pas suite à sa belle promesse.

Que dire de ces deux fils ? Le premier n’est pas parfait, puisqu’il est capable de refuser de faire la volonté de son père, mais il montre qu’il est capable de conversion. Le second nous apparaît muré dans son univers, son « oui » n’est pas un acte de communication, c’est un simple mot qui ne signifie rien, puisque ce fils fait le contraire de ce qu’il vient de dire. En somme, il ne nous donne à voir que son hypocrisie.

Le discours qui suit la parabole en est une actualisation. La figure du premier fils renvoie aux publicains et aux prostituées, tandis que la figure du second fils aux chefs des prêtres et aux anciens. Les publicains et les prostituées ne sont pas parfaits, loin de là. Jésus ne nous donne pas leurs activités respectives en exemple. Ce qu’il nous donne en exemple, c’est leur accueil de la prédication de Jean Baptiste, leur capacité à se convertir.

Cette capacité à se convertir qui leur vaut de précéder les chefs des prêtres et les anciens dans le Royaume de Dieu. Précéder, c’est entrer devant ou avant. Cela ne veut pas dire qu’ils prennent leurs places « réservées », non pas par une ultime fraude, mais parce qu’on les leur donne… Les chefs des prêtres et les anciens, qui étaient qualifiés pour conduire le peuple sur la voie de sainteté sont disqualifiés pour faire entrer dans le Royaume ! Bien plus : ces premières places sont données aux publicains et aux prostituées sans attendre les fruits de leur conversion. Ils ont cru à la parole de Jean Baptiste, dit simplement le texte. En définitive, ce qui est demandé par Jésus, c’est d’avoir pris les moyens pour changer.

Saint Paul dans la deuxième lecture recommande aux Philippiens cette attitude, fruit de la conversion du cœur : « Ne soyez ni intrigants, ni vaniteux, ni égoïstes, mais tournés vers les autres avec humilité, compassion, tendresse. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus ». Pour faire simple, croire, c’est vouloir changer quelque chose à sa vie ; croire, c’est apprendre à bouger, à se déplacer, à se remettre personnellement en question. C’est accepter de se laisser retourner par une parole.

La vigne dont parle Jésus, c’est notre monde. Et travailler à la vigne, c’est œuvrer efficacement à faire réussir ce monde qui est le nôtre pour qu’il soit déjà, quoique pas encore, le Royaume de Dieu. Chacun à sa place, pas avec de grands discours,mais par des gestes concrets. L’Évangile veut des gestes très simples, à notre portée : un peu de tendresse, un geste de solidarité, une visite. IL demande qu’on s’arrête auprès de de celui qui attend justement un regard, un sourire, un geste d’amitié pour pouvoir repartir. L’Évangile veut la proximité. Aller à la vigne, c’est se déplacer pour aller à l’autre et mettre l’Évangile dans la vie. Il y a tant de domaines où notre « non » peut devenir un « oui » responsable, rempli de l’Esprit du Christ. Si nous décidions en cette eucharistie de dire vraiment « Oui – Amen » à Jésus ? AMEN.

Père Jean-Claude Duclos