Frères et sœurs, Le temps de Noël a pris fin avec la célébration du baptême du Seigneur, c’est pourquoi les lectures de ce deuxième dimanche du temps ordinaire de l’année « A » nous font découvrir les merveilles que le Seigneur a accomplies pour le salut du monde.

          Dimanche dernier, pour manifester qui est Jésus, une voix s’est fait entendre lors de son baptême, et l’a désigné comme le « Fils bien-aimé du Père en qui celui-ci trouve toute sa joie ». Aujourd’hui, c’est au tour de Jean le Baptiste de le présenter à ses disciples et donc à chacun de nous. Il le désigne comme « l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde ». Une formule qui nous est familière puisque nous la répétons à chaque célébration eucharistique.

          Cette libération était déjà annoncée plusieurs siècles avant par le prophète Isaïe. Nous avons entendu son message adressé à un peuple qui a été déporté en terre étrangère et où il a été victime de toutes sortes de brimades. Mais Dieu voit leurs souffrances et il envoie son prophète pour leur annoncer la libération. Tous, même les plus humiliés, les plus méprisés sont amenés à découvrir qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu.

          Nous avons là un message d’espérance pour tous les prisonniers et les exclus d’aujourd’hui. Nous pensons à tous ceux qui sont enfoncés dans leur mauvaise réputation à cause de leur passé et de leurs actes. Mais le Seigneur ne les abandonne pas. Il leur envoie des témoins pour leur dire qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu ; et il compte sur nous pour être des porteurs d’espérance et de lumière pour l’humanité.

          C’est aussi ce message d’espérance dans la lettre de saint Paul aux Corinthiens. Il s’adresse à de nouveaux convertis : parmi eux, des petites gens et même des personnes peu recommandables qui sont amenées à découvrir que le Christ est venu pour tous. Les uns et les autres sont invités à devenir disciples et missionnaires. Jésus les appelle tous à la sainteté. Ils ont tous du prix aux yeux de Dieu.

          L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus qui vient à Jean le Baptiste. N’oublions pas que le nom de Jésus signifie « Le Seigneur sauve » ; Voilà qu’en ce jour, nous le voyons rejoindre l’humanité blessée par son péché. C’est Lui qui a l’initiative. L’humanité a besoin d’être sauvée : cela nous le constatons tous les jours. C’est alors que Jean le Baptiste découvre Jésus sous un jour nouveau. Nous l’avons entendu dire par deux fois : « je ne le connaissais pas ».Et pourtant, ils sont cousins. Ils avaient bien dû se rencontrer dans leur enfance.

          Nous aussi, dans nos relations, il peut y avoir des personnes que nous pensions bien connaître. Mais au bout d’un certain temps, nous les découvrons sous un jour nouveau. Quand Jean le Baptiste nous dit qu’il ne connaissait pas Jésus, il veut nous parler de son mystère : il découvre en Lui « L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». En lui la promesse d’Isaïe se réalise bien au-delà de nos espérances. Dans la bouche de Jean le Baptiste, l’agneau est un animal docile, symbole de l’innocence. Il n’aboie pas devant l’inconnu. Il ne mord pas l’agresseur et ne répond pas par la violence. Il est doux et fragile.

          Dire de Jésus qu’il est « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », c’est reconnaître en Lui celui qui porte, celui qui, dans son amour, se charge de tous nos péchés. Et c’est sur la croix que Jésus réalise cette libération de chacun de nous du poids de ses péchés et il devient pour chacun la promesse d’une vie nouvelle.

          Voilà pourquoi, de même qu’en entendant Jean le Baptiste désigner Jésus comme « l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde », ses disciples ont compris qui était véritablement Jésus et se sont mis à le suivre, de même, à nous aussi, cette désignation devrait nous renvoyer à l’expérience faite devant Jésus en croix. Par amour, il est mort pour nos péchés. C’est cette expérience qui nous fait nous mettre à  la suite du Seigneur. Seul Jésus peut accomplir l’œuvre du salut. Mais nous pouvons y participer en adoptant sa manière de voir et en expérimentant son amour.

          Le Christ se présente à chacun de nous comme il s’est présenté à Jean le Baptiste. Voulons-nous vraiment le reconnaître ? AMEN.

Père Jean-Claude DUCLOS