Dimanche dernier, nous avons vu comment Jean Baptiste avait exercé la mission que Dieu lui avait confiée, il a annoncé celui qui venait après lui dont il ne s’estimait pas digne de délier la courroie de ses sandales.

Il a continué cette mission pendant quelques temps jusqu’au moment où Hérode l’a fait arrêter. Le motif de son arrestation nous est donné par l’évangile de saint Luc : Jean reprochait à Hérode sa relation adultère avec la femme de son frère Philippe… et on peut déduire qu’Hérodiade a dû faire pression sur Hérode pour qu’il fasse arrêter Jean.

De sa prison, Jean continuait d’avoir un contact avec ses disciples et il les envoie demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jean savait très bien qui était Jésus, il l’avait baptisé et il avait vu l’Esprit Saint descendre sur Lui et il avait entendu une voix venant du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour ».

Mais Jean était aussi conscient du sort qui lui était réservé, il était nécessaire qu’il s’efface devant celui qui était plus grand que lui… a-t-il douté ? De sa prison, il avait entendu parler de ce que Jésus faisait car Jésus n’avait commencé son ministère qu’après son arrestation. Jean avait-il besoin de se rassurer ? J’aime plutôt à penser qu’il voulait que ses disciples deviennent ceux de Jésus de sorte qu’après sa mort, ils ne se sentent pas abandonnés.

Quand ces disciples ont rencontré Jésus, Jésus les a rassurés de manière indirecte : « Allez dire à Jean ce que vous entendez et voyez » et il cite ce que le prophète Isaïe avait entrevu plusieurs siècles auparavant.

Et après le départ de ces disciples, Jésus a fait l’éloge de Jean son précurseur en disant : « Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste… » et il ajoute : « Cependant, le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui ».

En effet, la grandeur d’un homme pendant le temps qu’il passe sur la terre est peu de chose devant la gloire qui est réservée à ceux qui auront accès dans le Royaume des cieux et il ne fait pas de doute que Jean a pris sa place dans le Royaume comme témoin du Christ Sauveur et martyr.

Quant à nous, nous poursuivons notre route dans l’attente de la venue du Seigneur. Saint Jacques demandait déjà aux chrétiens de la première génération d’être patients à la manière du cultivateur qui ne peut pas anticiper le moment de la récolte. Tout vient en temps et en heure car tout est entre les mains du Seigneur.

Restons unis dans la foi, l’espérance et surtout la charité.

Père Bernard VENOT