Le 4ème dimanche de Pâques est encore nommé le « Dimanche des vocations » ou le Dimanche du Bon Pasteur ». En effet, c’est ce jour où nous prions particulièrement pour les vocations dans l’Église.

                 Dans le passage de l’évangile que nous venons d’accueillir, c’est sous les traits du Bon Pasteur que Jésus frappe à la porte de nos cœurs. Or l’image du berger ne nous parle plus beaucoup. Mais à la différence de tous les bergers du monde qui vivent de leurs troupeaux, Jésus se fait la nourriture de ceux qui croient en Lui, de ses brebis qui écoutent sa voix et qui font le choix de le suivre. Il leur donne la vie éternelle, sa vie, toute sa vie. Il leur offre la possibilité d’entrer dans l’intimité de cette communion d’amour qui l’unit à son Père pour en recevoir une vie sur laquelle ni le mal ni la mort n’ont de prise.

               « Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, dit Jésus, et personne ne les arrachera de ma main »

               Chers amis, cette parole du Seigneur Jésus nous invite à ne pas oublier que nous sommes tous, en tant que baptisés, dans la diversité de nos états de vie, de nos vocations et de nos responsabilités propres, entre les mains d’un Bon Pasteur, d’un pasteur qui veut pour chacune et chacun de nous ce qu’il y a de meilleur, tout simplement parce qu’il nous aime et que nous avons du prix à ses yeux ! Et c’est Lui, le Bon Pasteur qui, dans l’Esprit Saint, conduit l’Eglise dont nous sommes les membres, vers le Père. Il est lui, le chemin par où nous allons vers cette plénitude de vie, à la mesure de l’amour sans mesure dont le Père nous a comblé et dont il nous appelle à témoigner dans tout ce que nous vivons.

               Ce qui fait vivre le disciple de Jésus, ce qui devrait nous faire vivre, ce n’est pas le repli frileux sur nous-mêmes face aux difficultés et aux épreuves de tous ordres, mais bien davantage la conviction ancrée au cœur que le Christ est déjà vainqueur de la réalité du mal qui oppresse les hommes et les femmes et les détruit à petit feu, ainsi que la certitude jaillie d’un tombeau ouvert qu’il est plus présent que jamais à son Église.

               « Mes brebis écoutent ma voix, dit Jésus, moi je les connais et elles me suivent ».

               Jésus nous invite à reconnaître et à vivre cette connivence qui relie le pasteur à ses brebis et, pour ce faire, à écouter sa voix, à demeurer connectés à Lui ! C’est tout l’enjeu du temps que nous consacrons à la lecture et à la méditation des  évangiles. C’est en prenant le temps de nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu que nous sommes rendus capables, dans l’Esprit Saint, de discerner et d’écouter ce que Jésus, ce Bon Pasteur, nous dit aussi dans les rencontres ordinaires quotidiennes, parfois surprenantes, que nous sommes amenés à vivre !

               C’est en prenant le temps d’écouter et de partager cette Parole de Dieu que l’Esprit Saint nous permet peu à peu, pas à pas, de faire entendre, par toute notre vie, la voix du Christ à celles et ceux que nous rencontrons, la voix de Jésus, le Bon Pasteur, qui, par son Eglise, appelle tout homme, toute femme, à reconnaître et à accuellir l’amour qu’il leur porte… pour y gagner en humanité et en vie et, chemin faisant, ancrer tout leur être dans cet Amour grâce auquel nous ne périrons pas. D’où la question que je me permets de nous poser : comment, au sein de nos communautés, si petites et si fragiles soient-elles, nous aidons-nous à écouter Jésus, le Bon Pasteur, pour faire entendre sa voix à toutes ses brebis qui ne sont pas de son enclos ?

               Oui, chers amis, Jésus nous redit avec force que nous ne périrons pas, parce que nous sommes entre ses mains et il est celui qui ne cesse de nous manifester sa miséricorde. Le regretté pape François nous dit que pour sauver les brebis égarées, le berger s’est fait « agneau », il s’est laissé sacrifier, il a pris sur lui tous nos péchés pour nous en libérer. C’est ainsi qu’il a donné sa vie en abondance pour nous et pour le monde entier. Ainsi protégés, rien ni personne ne pourra nous arracher de la main du Christ, car il nous garde et nous serre comme le cadeau que le Père lui a fait. Jésus tient à nous et, avec Lui, en Lui et par Lui, c’est Dieu, notre Père, qui tient à nous, Lui qui est plus grand que tout.

               Frères et sœurs, c’est la grâce que nous allons demander les uns pour les autres, les uns avec les autres, dans la célébration de cette eucharistie : la grâce que l’Esprit Saint ouvre nos cœurs au don que Jésus, le Bon Pasteur, nous fait de sa propre vie pour qu’en choisissant de l’écouter et de le suivre, nous lui permettions d’établir sa demeure en nous afin que nous puissions le donner à entendre, à connaître, à aimer et à suivre par toute notre vie. AMEN.

Père Jean-Claude DUCLOS