Nous sommes à la veille de la Passion, les paroles de Jésus laissent entendre que Jésus s’exprime dans un climat de crainte. Il parle d’invoquer un défenseur, ce qui prouve bien que le climat est hostile et il parle de ne pas laisser les disciples orphelins, évocation claire d’une des plus douloureuses séparations qui soient.
« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements ». Ce verset établit un lien entre les commandements de Jésus et l’amour qu’on lui porte. En outre, nous pouvons certainement le lire comme une parole destinée à dissiper la crainte des disciples ; lesquels n’ont pas à craindre de ne pas rester fidèles à l’enseignement de Jésus quand il leur sera enlevé, car ils continueront à lui être fidèles grâce à leur amour pour lui. A la fin de l’évangile, Jésus conclut en disant : « Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime »
Malgré notre pauvreté et nos péchés qui nous éloignent de Dieu, nous ouvrons la porte à la rencontre personnelle de Jésus en gardant ses commandements qui se résument dans le « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » Jean 13, 34. Ce faisant, Jésus lui-même viendra habiter en nous : « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père : moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui », dit Jésus. C’est l’Esprit Saint qui nous fait entrer dans le mouvement de l’amour de Dieu qui a donné son Fils pour nous sauver et qui se donne sans cesse gratuitement et en abondance.
Jésus s’engage personnellement : « Moi, je prierai le Père » Jésus prend ses responsabilités, il fait ce qu’il a à faire. Si Jésus intercède pour nous, qu’avons-nous à craindre ? « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur ». En faisant cette prière, Jésus montre qu’il se soucie de la défense des disciples. Il montre qu’il est Lui-même un défenseur.
Voilà pourquoi il parle d’un autre défenseur. Mais sa demande implique aussi autre chose. Elle veut dire qu’à travers le procès tout proche de Jésus, un autre procès se dessine, celui où les disciples seront eux-mêmes accusés pour leur foi au Fils de Dieu crucifié et de nouveau vivant. L’Esprit Saint leur parlera pour les aider, à eux de choisir d’écouter ses conseils.
Mais comment le recevoir ou simplement comment voir cette personne qu’est l’Esprit de vérité ? Il y aurait bien de quoi s’inquiéter, puisque « le monde est incapable de le recevoir, dit Jésus, parce qu’il ne le voit pas, et ne le connaît pas », mais « vous, ajoute heureusement Jésus, vous le connaissez ». Nous pouvons être rassurés. Mais est-ce que cela nous aide à mieux comprendre l’Esprit Saint ? Pas vraiment.
Nous savons qu’il s’agit d’un Défenseur et nous savons aussi qu’il n’est pas encore reçu, puisque Jésus priera le Père de nous l’envoyer : « Il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous ». Jésus s’exprime clairement au futur. Pourtant l’Esprit est déjà connu : « mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous ». Les disciples de Jésus, eux, le verront vivant et ainsi ils vivront comme Lui, de la vie même de Dieu. « En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous ».
Évidemment Jésus ne se contredit pas et ne dit pas de choses impossibles. Il est même intéressant de noter, qu’en priant le Père pour qu’il donne son Esprit qui est déjà là, Jésus fait ce qu’il invite d’autres à faire. Il demande l’Esprit et d’autres auront à en faire autant. Nous avons tous à en faire autant !
Cela veut dire que même lorsque nous avons déjà reçu l’Esprit Saint, il y a encore à le demander et encore à le recevoir. Autrement dit, la Pentecôte prochaine sera pour nous le jour où l’Esprit Saint sera demandé au Père et où nous le recevrons par le Fils, à nouveau et encore.
Seigneur Jésus, nous t’en prions, demande pour nous l’Esprit au Père, qu’il vienne raviver ce don que nous avons reçu au jour de notre baptême et de notre confirmation, qu’il nous inspire et nous soutienne pour témoigner au cœur du monde de la joie et de l’espérance qui nous animent à cause de Jésus ressuscité. AMEN.
Père Jean-Claude DUCLOS
